‹ Poésies. Précedees d'une noticeChapitre 34 sur 93 · LA JEUNE LOCRIENNE · texte numérisé non relu

LA JEUNE LOCRIENNE

« Fuis , ne me livre point. Pars avant son retour ;

» Lève-toi ; pars , adieu ; qu'il n'entre , et que ta vue

I) Ne cause un grand malheur , et je serais perdue l

•) Tiens , regarde , adieu, pars: ne vois-tu pas le jour 1 ï

Nous aimions sa naïve et riante folie , Quand soudain, se levant, un sage d'Italie, Maigre , pâle , pensif, qui n'avait point parlé , Pieds nus , la barbe noire , un sectateur zélé Du muet de Samos qu'admire Métaponte, Dit : Il Locriens perdus, n'avez-vous pas de honte? Des mœurs saintes jadis furent votre trésor. Vos vierges , aujourd'hui riches de pourpre et d'or , Ouvrent leur jeune bOvTihc à des chants adultères. Hélas ! qu'avez- vous fait des maximes austères De ce berger sacré que Minerve autrefois Daignait former en songe à vous donner des lois ? » Disant ces mots, il sorL.. Elle était interdite, Son œil noir s'est mouillé d'une larme subite ; Nous l'avons consolée, et ses ris ingénus, Ses chansons, sa gaité, sont bientôt revenus. Un jeune ïhurien , aussi beau qu'elle est belle (Son nom m'est inconnu), sortit presque avec elle : Je crois qu'il la suivit et lui fit oublier Le grave Pythagore et son grave écolier.

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