IMITE DE PLATON
L'a reposait l'Amour , et sur sa joue en fleur D'une pomme brillante éclatait la couleur. Je vis, dès que j'entrai sous cet épais bocage. Son arc et son carquois suspendus au feuillage.
FRAGMENTS D'IDYLLES. oli
Sur des monceaux de rose au calice embaumé Il dormait. Un souris sur sa bouche formé L'entr'ouvrait mollement , et de jeunes abeilles Venaient cueillir le miel de ses lèvres veii-meilles.
J'apprends, pour disputer un prix si glorieux,
Le bel art d'Érichthon , mortel prodigieux
Qui sur rherbe glissante , en longs anneaux mobiles,
Jadis homme et serpent, traînait ses pieds agiles.
Élevé sur un axe , Érichthon le premier
Aux liens du timon attacha le coursier,
Et vainqueur , près des mers , sur Tes sables arides ,
Fit voler à grand bruit les quadriges rapides.
Le Lapilhe hardi dans ses jeux turbulents,
Le premier, des coursiers osa presser les flancs.
Sous lui, dans un long cercle achevant leur carrière,
Ils surent aux liens livrer leur tète altière ,
Blanchir un frein d'écume, et, légers, bondissants,
Agiter, mesurer leurs pas retentissants.
Je sais , quand le midi leur lait désirer l'ombre Filtrer à pas muets sous le roc frais et sombre, Doù parmi le cresson et l'humide gravier La naïade se fraye un oblique sentier-
ftO FRAGMENTS D'IDYLLES.
Là j'épie à loisir la nymphe blanche et nue Sur un bane de gazon mollement étendue, Qui dort , et sur sa main, au murmure des eaux, Laisse tomber son front couronné de roseaux.
vri.
Tu gémis sur l'Ida, mourante, échevelée, 0 reine I ô de Minos épouse désolée ! Heureuse si jamais, dans ses riches travaux, Gérés n'eût pour le joug élevé des troupeaux ! Tu voles épier sous quelle yeuse obscure, Tranquille, il ruminait son antique pâture; Que! lit de fleurs reçut ses membres nonciiaiaiils; Quelle onde a ranimé l'albcllrc de ses flancs. 0 nymphes, entourez, fermez, nymphes de Grole, De ces vallons fermez, entourez la retraite. Oh ! craignez que vers lui des vestiges épars Ne viennent à guider ses pas et ses regards. Insensée, à travers ronces , forêts , montagnes, Elle court. 0 fureur ! dans les vertes campagnes, Une belle génisse à son superbe amant Adressait devant elle un doux mugissement. La pei llde mourra. Jupiter la demande. Elle-même à son front attache la guirlande, L'entraîne, et sur l'autel prenant le fer vengeur : « Sois belle maintenant, et plais à mon vainqueur. • Elle frappe. Et sa haine, à ia flamme lustrale. Rit de voir palpiter le cœur de sa rivale.
FRAGMENTS D'IDYLLES. Gl
Mil.