‹ Poésies. Précedees d'une noticeChapitre 42 sur 93 · MES MANES A CLYTIE · texte numérisé non relu

MES MANES A CLYTIE

Mes Mânes à Clylie. » Adieu, Clytie, adieu.

Est-ce toi dont les pas ont visité ce lieu?

Parle, est-ce toi , Clylie, ou dois-je attendre encore?

Ah ! si tu ne viens pas seule ici , chaque aurore ,

Hèver au peu de jours où j'ai vécu pour toi,

Voir cette ombre qui t'aime et parler avec moi,

D'Elysée à mon cœur la paix devient amère. Et la terre à mes os ne sera plus légère. Chaque fois qu'en ces lieux un air frais du matin Vient caresser ta bouche et voler sur ton sein, Pleure, pleure, c'est moi; pleure, fille adorée; C'est mon âme qui fuit sa demeure sacrée, Et sur ta bouche encore aime à se reposer. Pleure , ouvre-lui tes bras et rends-lui son baiser. «

Entre autres manières dont cela peut être placé, écrit Chénier, en voici une : Un voyageur, en passant sur un chemin, entend des pleurs et dei gémissements. Il s'avance; il voit au bord d'un ruisseau uue jeune femme echevelée, tout en pleurs, assise sur un tombeau, une main appuyée sur la pierre, l'autre sur ses yeux. Elle s'enfuit à l'approche du voyageur, qui lit sur la tombe cette épitaphe. Alors il prend des fleurs et de jeunes rameaux, et les répand sur cette tombe en disant ; < 0 jeune infortunée... > ( quelque chose de tendre et d'antique); puis il remonte à cheval et s'en va la tèta penchée et mélancoliquement; il s'en va

Pensant à son épouse et craignant de mourir.

Ce pourrait être le voyageur qui conte lui-même à sa fjmille ce qu'il a vu ta matin.

TRADDIT DE PINDARE.

Pindare, cité par Plutarque au traite De l'adresse et de l'instinct de* animaux, s'est comparé aux dauphins, qui sont sensibles à la musique; André voulait encadrer l'ouvrage ainsi : On peut faire un petit ^uadro * d'un jeune enfant assis sur le bord de la mer, sous un joli paysage. Il joutsa fur deux flûtes :

Deux flûtes sur sa bouche, aux antres, aux naïades,

* André, daus ses notes, emploie, à diverses reprises, celte expression t J'en pourrai faire un quadro ; cela veut dire un petit tableau peint; cai il était peintre aussi, comme il ncus l'a appris dans une élégie.

Aux faunes, aux syl vains, aux belles oréades, Hépètent des amours

( Et les dauphins accourent vers lui.)

Comme , aux jours de Tété, quand d'un ciel calme et pur

Sur la vague aplanie étincelle l'azur.

Le dauphin sur les flots sort et bondit et nage ,

S empressant d'accourir vers l'aimable rivage

Où, sous des doigts légers, une flûte aux doux sons

Vient égayer les mers de ses vives chansons ;

Ainsi .

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