‹ Poésies. Précedees d'une noticeChapitre 45 sur 93 · Livre à vos favoris la nature et le monde · texte numérisé non relu

Livre à vos favoris la nature et le monde

Par vous, mon âme, au gré de ses illusions,

Vole et franchit les temps , les mers, les nations ;

Va vivre en d'autres corps, s'égare, se promène,

Est tout ce qu'il lui niait, car tout est son domaines

Ainsi , bruyante abeille , au retour du matin , Je vais changer en miel les délices du thym. Rose , un sein palpitant est ma tombe divine. Frêle atome d'oiseau , de leur molle étamine Je vais sous d'autres cieux dépouiller d'autres fleurs. Le papillon plus grand offre moins de couleurs; Et rOrénoque impur, la Floride fertile Admirent qu'un oiseau si tendre , si Jébile , Mêle tant d'or, de pourpre i en ses riches habits,

El pensent dans les airs voir nager des rubis.

Sur un fleuve souvent l'éclat de mon plumage

Fait à quelque Léda souhaiter mon hommage.

Souvent, fleuve moi-même, en mes humides Iras

Je presse mollement des membres délicats,

Blille fraîches beautés que partout j'environne ;

Je les tiens , les soulève , et murmure et bouillonne.

Mais surfout, Lycoris, Protée insidieux,

Partout autour de toi je veille , j'ai des yeux.

Partout, sylphe ou zéphyr, invisible et rapide,

Je te vois. Si ton cœur complaisant et perfide

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