Livre à vos favoris la nature et le monde
Par vous, mon âme, au gré de ses illusions,
Vole et franchit les temps , les mers, les nations ;
Va vivre en d'autres corps, s'égare, se promène,
Est tout ce qu'il lui niait, car tout est son domaines
Ainsi , bruyante abeille , au retour du matin , Je vais changer en miel les délices du thym. Rose , un sein palpitant est ma tombe divine. Frêle atome d'oiseau , de leur molle étamine Je vais sous d'autres cieux dépouiller d'autres fleurs. Le papillon plus grand offre moins de couleurs; Et rOrénoque impur, la Floride fertile Admirent qu'un oiseau si tendre , si Jébile , Mêle tant d'or, de pourpre i en ses riches habits,
El pensent dans les airs voir nager des rubis.
Sur un fleuve souvent l'éclat de mon plumage
Fait à quelque Léda souhaiter mon hommage.
Souvent, fleuve moi-même, en mes humides Iras
Je presse mollement des membres délicats,
Blille fraîches beautés que partout j'environne ;
Je les tiens , les soulève , et murmure et bouillonne.
Mais surfout, Lycoris, Protée insidieux,
Partout autour de toi je veille , j'ai des yeux.
Partout, sylphe ou zéphyr, invisible et rapide,
Je te vois. Si ton cœur complaisant et perfide