‹ Poésies. Précedees d'une noticeChapitre 76 sur 93 · IMITÉ DE SHAKESPEARE · texte numérisé non relu

IMITÉ DE SHAKESPEARE

A iens : là sur des joncs frais ta place est loule prête.

Viens, viens, sur mes genoux viens reposer ta tète.

Les yeux levés sur moi, tu resteras muet,

Et je te chanterai la chanson qui te plait.

Comme on voit, au monieut où Pliebiis va renaître,

La nuit prête à s'enfuir, le jour prêt à paraître,

Je verrai tes beaux yeux, les yeux de mon ami,

En un léger sommeil se fermer à demi.

Tu me diras : « Adieu, je dors, adieu, ma belle -»

Adieu, dirai-je, adieu; dors, uiou ami fidèle,

Car le. . . aussi dorl le front vers les cieux, Et j'irai te baiser et le front et les yeux.

Ne me regarde point, cache, cache tes yeux; Mon sang en est brûlé; tes regards sont des feux. Viens, viens. Quoique vivant, et dans ta Heur première, Je veux avec mes mains te fermer la paupière , Ou malgré tes efforts je prendrai ces cheveux Pour en faire «n bandeau qui te cache les yeux.

Mais surtout sans les yeux quels plaisirs sont parfaits? Laissez près d'une couche ainsi voluptueuse Veiller, discret témoin , la cire lumineuse. Elle a tout vu la nuit, elle a tout épié ; Dès que le jour paraît, elle a tout oublié.

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