SUR UN POETE SOI-DISANT
Mais désormais à peine il suffit à sa gloire ; On se l'arrache. II court de victoire en victoire.
Chacun de ses refrains fait des recueils fort beaux. 11 attache une lèto aux bouls-rimés nouveaux. Aux droits litigieux de plusieurs synonymes 11 sait même assigner leurs bornes légitimes. Ijionlôt chez tous les sots on sait de toute part Jusqu'où vont ses talents ; que lui seul avec art Noue une obscure énigme au regard louche et fade , Hache et disloque un mot en absurde charade, Construit, tordant les mots vers un sens gauche et lourd, J/C Janus à deux fronts , l'hébété calembour.
Or, venez mamtenant, graves compilateurs, Déployez pour mes vers vos balances critiques, Flétrissez-les du sceau des leilres italiques.
Assurez que ma muse est froide ou téméraire, Que mes vers sont mauvais, que ma rime est vulgaire ; Je l'ai bien fait exprès; votre chagrin m'est doux, Je serais bien fâché qu'ils fussent bons pour vous. Mon Dieu! lorsqu'imitau t ce bon roi de Phrygie, Vous jugez ou le drame, ou l'ode, ou l'élégie. Faut-il que nul démon, ami du genre humain, Jamais à votre front ne porte votre main! Vous sauriez une fois combien les doctes veille» Sur votre tète auguste allongent les oreilles.