STROPHE
Que tant d'opprimés expirants Aillent aux deux réveiller le supplice ;
Que sur ces monstres dévorants
Son bras d'airain s'appesantisse ; Qu'ils tombent; à l'instant vois-tu leurs noms flétris, Par leur peuple vénal leurs cadavres meurtris, Et pour jamais transmise à la publique ivresse
Ta louange avec leur bassesse.
Mais si Mars est pour eux, leurs vertus, leurs bienfaits
Sont bénis de la terre entière.
Tout s'obscurcit auprès de la splendeur guerrière; Elle éblouit les yeux , et sur- les noirs forfaits
Étend un voile de lumière.
AKTISTROPHE.
Dès lors l'étranger étonné Se tait avec respect devant leur sceptre immense;
I^ur peuple à leurs pieds encbaîné,
Vantant jusqucs à leur clémence, Nous voue à la risée, à l'opprobre, aux tourments ; Nous, de la vertu libre indomptables amants. Humains, lâche troupeau... Mais qu'importent au sajjt-
Votre biâme, votre suffrage, Votre encens, vos poignards, et de flux en reflux
Vos passions précipitées ?
I! nous faut tous mourir. A sa v'e ajoutées, Au prix du déshouueur, quelques heures de plus Lui sembleraient trop achetées.
Lui, grands dieux! courtisan menteui, De sa raison céleste abandonner le faîte,
Pour descendre à votre hauteur!
En lui-même affermi, comme l'antique athlète^
Sur le sol où son pied s'arrête , Il reste inébranlable à tout effort mortel , Et laisse avec dédain le vulgaire imbécile,
Toujours turbulent et servile, Flotter de maître en maître et d'autel en autel .
in.