‹ Poésies. Précedees d'une noticeChapitre 83 sur 93 · STROPHE · texte numérisé non relu

STROPHE

Que tant d'opprimés expirants Aillent aux deux réveiller le supplice ;

Que sur ces monstres dévorants

Son bras d'airain s'appesantisse ; Qu'ils tombent; à l'instant vois-tu leurs noms flétris, Par leur peuple vénal leurs cadavres meurtris, Et pour jamais transmise à la publique ivresse

Ta louange avec leur bassesse.

Mais si Mars est pour eux, leurs vertus, leurs bienfaits

Sont bénis de la terre entière.

Tout s'obscurcit auprès de la splendeur guerrière; Elle éblouit les yeux , et sur- les noirs forfaits

Étend un voile de lumière.

AKTISTROPHE.

Dès lors l'étranger étonné Se tait avec respect devant leur sceptre immense;

I^ur peuple à leurs pieds encbaîné,

Vantant jusqucs à leur clémence, Nous voue à la risée, à l'opprobre, aux tourments ; Nous, de la vertu libre indomptables amants. Humains, lâche troupeau... Mais qu'importent au sajjt-

Votre biâme, votre suffrage, Votre encens, vos poignards, et de flux en reflux

Vos passions précipitées ?

I! nous faut tous mourir. A sa v'e ajoutées, Au prix du déshouueur, quelques heures de plus Lui sembleraient trop achetées.

Lui, grands dieux! courtisan menteui, De sa raison céleste abandonner le faîte,

Pour descendre à votre hauteur!

En lui-même affermi, comme l'antique athlète^

Sur le sol où son pied s'arrête , Il reste inébranlable à tout effort mortel , Et laisse avec dédain le vulgaire imbécile,

Toujours turbulent et servile, Flotter de maître en maître et d'autel en autel .

in.

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