CADIX
Cadix a ses vaisseaux, ses bricks et ses tartanes,
Et sa rade, miroir étincelant et pur.
Où dans le nonchaloir aimable des sultanes Elle aime à contempler dans Peau son ciel d’azur.
Elle a ses grands palmiers, elle a ses caravanes De voyageurs venus de l’horizon obscur Pour goûter la douceur de ses nuits diaphanes,
De son printemps joyeux, de son hiver plus sûr.
Mais elle aime surtout, la folle et la charmante,
A courir en souliers de satin blanc, en mante,
Des fleurs dans les cheveux pendant les nuits d’cté,
A jeter dans le ciel de grands éclats de rire,
A racler le jambon sous le balcon d’Elvire,
A boire de l’eau pure, exquise volupté 1
SUR LES CHEMINS
LA GADITANE.
Sous tes palmiers, Alaméda,
Comme un jaloux caché dans Pombre, Comme un voleur dans la nuit sombre, J’attendais; — le sort décida !
Je t’aperçus, ô Gaditane,
Brune Andalouse aux regards bleus, Ange ou démon, fée ou sultane.
Viens-tu de l’enfer ou des deux ?
Viens à la nuit, à la nuit brune.
Sous ces bosquets où dort la lune.
Et nous verrons, ô mon amour.
Sur les flots se lever le jour.
Voici le chemin de la France Par delà Porto, Chiclana.
Ce noir rocher, c’est l’espérance,
Jésus sur les flots chemina!