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LA SENORA PKPE ALBA

Montre son dard et se repose,

Et disparaît au même instant.

Le menton a cette fossette Qui fait rêver les amoureux,

Cest de là que l’amour nous guette Et nous rend fous, jeunes ou vieux.

Ses cheveux, que retient à peine Une résille d’or, sont roux.

Plus drus et plus lourds que la laine D’un mérinos noir andaloux.

Des poils de couleur indécise,

De la dent du peigne envolés, Marbrent la nuque et laissent prise Aux calculs des écervelés.

Elle a la gorge ferme et ronde.

Le tetin est un fruit vermeil :

On croirait voir sortir de l’onde Le disque rouge du soleil.

De sa croupe amoureuse et forte.

Le mouvement précipité

36 SUR LES CHEMINS

Dq qui me transporte,

Vous prornet la félicité;

Enfin son œil plein de tendresse, Flamboyant et chaud comme un four.

Semble provoquer les caresses Et vous dire : Essaye à ton tour !

Telle, un beau jour, sous sa mantille Je vis Pepe, la senora;

C’est la plus admirable fille Que jamais l’Espagne verra ;

Mais ne cherchez pas autre chose Que le plaisir non débattu,

Dans cette maja brune et rose Qui sourit et vous dit : Veux-tu ?

Car d’esprit, d’amour et de reste Néant, dans ce corps engourdi !

La chère enfant, l’aimable peste Que cette fille du Midi !

Son noble père — un fort brave homme.

Sacristain de la Giralda,

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