‹ Poesies: Premiere SerieChapitre 30 sur 81 · UN TABLEAU DE SNYDERS · texte numérisé non relu

UN TABLEAU DE SNYDERS

Au palais du Musée, au-dessus d’une porte,

Dans la reine-cité qu’on appelle Bordeaux,

Je vis, hier, un tableau peint d’une étrange sorte Et qui m’a fait rêver, — car il déplaît aux sots.

C’est ton œuvre, ô Snyders, ton œuvre la plus forte, Rubens dut applaudir à ces efforts nouveaux.

Et je ne connais rien de Vernix ou Desporte Qui vaille la leçon que donnent tes pinceaux :

Un lion malade et vieux, dévoré de vermine.

Voit des lièvres en foule assiéger son échine.

Et s’assied pour mourir au milieu du chemin !

O vieillesse ennemie, ô deuil, ô solitude!

Ces braves d’aujourd’hui, lâches du lendemain. Sont les amis des Rois, — et de la multitude!...

Bordeaux, iSSy.

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