UN TABLEAU DE SNYDERS
Au palais du Musée, au-dessus d’une porte,
Dans la reine-cité qu’on appelle Bordeaux,
Je vis, hier, un tableau peint d’une étrange sorte Et qui m’a fait rêver, — car il déplaît aux sots.
C’est ton œuvre, ô Snyders, ton œuvre la plus forte, Rubens dut applaudir à ces efforts nouveaux.
Et je ne connais rien de Vernix ou Desporte Qui vaille la leçon que donnent tes pinceaux :
Un lion malade et vieux, dévoré de vermine.
Voit des lièvres en foule assiéger son échine.
Et s’assied pour mourir au milieu du chemin !
O vieillesse ennemie, ô deuil, ô solitude!
Ces braves d’aujourd’hui, lâches du lendemain. Sont les amis des Rois, — et de la multitude!...
Bordeaux, iSSy.
î^a*ûn ^ ' ’; ■ . J
" .:r, ,:^T -. ’. >''^î? y; 'ii ^ ‘‘ Sj.lij ;
; ,:. j: ;’* :'!'. ' ; J j*»'* n 'jl MÎ lüy