LE DÉPART DU SOLDAT
La lune brillait endormie En haut du ciel,
Quand je dus quitter mon amie Dont les lèvres étaient de miel.
J^avais franchi bois et clairière Qu’elle criait :
« Reviens à nous, à la chaumière Jusqu’au matin. » Elle priait.
c( Il faut que j’aille à la prairie Voir les chevaux. »
Mais c’était une tromperie;
Je volais par monts et par vaux!
« Ma chère âme, que peux-tu craindre?
Hélas! mon Dieu!
Attends mon départ pour te plaindre, Attends un peu! »
Mais elle qui ne peut m’entendre.
Silencieuse,
Laisse ses pleurs à flots descendre De ses yeux bleus.
Septembre i883.