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LE NOUVEL AN

Des santés joyeuses qu’on porte Aux vieillards comme aux nourrissons.

Ce sont des pauvres qui festoient Le premier-né du nouvel an Et, la tendresse au cœur, le noient Dans un petit pot de vin blanc.

Le foyer joyeux les rassemble.

Chez eux ils n’ont pas d’exilé :

Pourraient-ils être heureux ensemble.

S’ils savaient un cœur mutilé?

Les yeux sur les yeux de sa Jeanne,

Le mari pense à ses enfans.

Et les enfans baisent le crâne De leur père aux cheveux flottans.

L’aïeul, un vieux chêne sans sève.

Impotent, mais aimé toujours, Précieux fardeau, voit en rêve Le fantôme de ses amours.

Tandis que la jeune fillette.

Orgueil du foyer paternel.

Rêveuse et même un peu coquette.

Songe à son voisin Gabriel,

POÉSIES DOMESTIQUES

Sa mère lit dans sa pensée,

Et sur ses genoux Tattirant,

Au promis tend sa main glacée Et lui montre un front souriant.

Il n’est pas jusqu’au chien de garde Qui ne soit heureux à son tour.

O mes parens, que Dieu vous garde Et vous accorde un pareil jour!

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