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LE NOUVEL AN

Lorsque autour de la même table,

Au premier jour du nouvel an,

Soumis à la coutume affable De le célébrer en buvant.

Pour obéir à Phabitude,

Aux usages des bons aïeux Dont vous vous faites une étude.

Vous vivans, tous aussi morts qu’eux,

Vous vous asseyez, tristes, sombres.

Pleins d’ennuis secrets et sans fin.

Gomme au dernier banquet des ombres Buvant sans soif, mangeant sans faim.

Observant vos yeux et vos gestes.

Pesant le silence et vos mots.

Défendant aux soupirs funestes De rien dévoiler de vos maux.

POÉSIES DOMESTIQ.UES.

Méditant de combien de rides Et de combien d’iniquités Vous ont chargés les ans avides, Vos douleurs et vos lâchetés,

Supputant aux lois de l’usure De combien de francs et de sous L’héritage qu’on dénature A pu croître, s’il n’est dissous.

Et combien doit durer encore.

Avec ou sans trop d’embonpoint.

Cette existence qu’on déplore.

Mais qu’on berce avec tant de soin.

N’avez-vous pas, sur la fenêtre Où le givre a mis ses cristaux.

Vu grandir, s’éteindre et renaître La lueur d’un feu de fagots !

Comme les verres de Bohême, Cette lueur vive a percé La transparence mate et blême De votre cristal damassé :

Écoutez : le vent vous apporte Des ris, des baisers, des chansons,

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