LE TIMBRE D’OR
Moi, je dirai sa voix douce et si pénétrante!... Timbre d’or de Hugo, de Gérard de Nerval,
De Rogier, de Stadler, de Houssaye et Dorval,
De ce groupe d’amis que la Muse apparente.
O douce voix!... soupir de flûte au fond du val ! Echo de la syrinx, mélodie enivrante.
Pour quel divin concert votre chœur sans rival A-t-il reçu le la de quelque fée errante?
Toujours jusqu’au tombeau mon âme l’entendra.
— Tel un Brahmine écoute et croit entendre Indra, La chère voix, aux sons caressants et pareille
Aux plaintives rumeurs des bois, quand vient le jou A la Guzla qui pleure et chante un chant d’amour Lorsque la tribu dort et que l’amante veille.
Extrait du Tombeau de Théophile Gautier.
A AIMÉ MILLET, statuaire
Triste Ariane, abandonnée Par le plus traître des amans,
Je ne plains pas ta destinée Et je souris à tes tourmens.
Guidant sa troupe époumonnée, Lycæus, au regard charmant, S’avance : heureuse infortunée.
Les destins pour toi sont démens.
lo Bacchè! Divin échange 1 Un mortel a fait place au Dieu.
Amour, amour! voilà ton jeu.
Et par une aventure étrange.
Divin secours d’un immortel.
Ton rocher devient un autel.