‹ Poésies (volume 2)Chapitre 126 sur 208 · L'OREILLE · texte numérisé non relu

L'OREILLE

Et qui frémit souvent, Ton oreille jolie Qui se tourne et se plie , Douce, fraîche et polie Gomme un marbre vivant.

Ton oreille divine , C'est la nacre marine Au reflet chatoyant, La conque blanche et rose Que l'Hellespont arrose , Où Cypris est éclose Sous le ciel d'Orient.

C'est la fleur frémissante Qui s'entr'ouvre naissante Au zéphyr du matin ; C'est le soyeux pétale A la forme idéale , Dont l'aube matinale Chiffonna le satin.

Ornement inutile , Un diamant scintille A son lobe vermeil ; Ainsi de la rosée , Une goutte irisée Au bord des fleurs posée, Resplendit au soleil.

*J* POÈMBg ET POÉSIES.

Gentille oreille , écouté !

Si ta conque est la route Et la porte du cœur , Oreille enchanteresse , Permets qu'à ta maîtresse Je parle avec tendresse , Comme un frère à sa sœur.

Sans peur tu peux m'enteudre ; Tu n'as rien £ reprendre , Tu ne rougiras pas.

Nul ne saurait médire Du penser qui m'inspirp, Et tout haut je peux dire Ce que j'ai dit tout bas.

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