LA LAMPE NOCTURNE
Au jour qui meurt, la nuit succède monotone ; Dans l'air pour un instant la phalène bourdonne, Et la dernière brise emporte un dernier bruit.
Chaque étoile à son tour éclose, aux cieux reluit; Tandis que, dans le fond du vallon solitaire, Une lampe s'allume , étoile de la terre. Mon regard s'y repose, et, par la nuit déçu , Croit toucher le rayon tout là -bas aperçu.
Tel en nos jours éteints qu'envahit l'oubli sombre , Quelque point lumineux survit et perce l'ombre. On le voit, on le touche, et, du fond du passé, Il brille , souvenir tendrement caressé.
Souvent bien des vallons , dans la nuit incertaine , S'espacent entre nous et la lueur lointaine ; Mais l'œil de la pensée, avec tranquillité, S'arrête et se comptait à sa douce clarté.
L'Étang, septembre 1849.