‹ Poésies (volume 2)Chapitre 14 sur 208 · INVOCATION DANS L'ORAGE · texte numérisé non relu

INVOCATION DANS L'ORAGE

Ils s'avancent les noirs orages !

Leurs tumultueux tourbillons Courbent, dans leurs puissantes rages, L'arbre comme un blé des sillons.

Avec les branches fracassées , Avec les feuilles dans les airs , Je fuis , sur l'aile des pensées , Jusqu'aux nuages gros d'éclairs.

Seigneur ! quelle terrible guerre A troublé le calme des cieux ?

Pourquoi ce fracas du tonnerre Et ces éclairs silencieux ?

Pourquoi livrés au vent qui gronde Ces nuages voilés d'horreur,.

Semblent-ils passer sur le monde , Comme des anges de fureur?

Quelle est donc la fière victime Que vous châtiez aujourd'hui ?

OueFest donc l'être assez sublime

Pour que vous tonniez contre lui ?

Peut-il être une créature Si grande devant vous , mon Dieu , Que vous creusiez sa sépulture Par ces rouges sillons de feu ?

Dieu fort! sans peur je vous admire , Tandis que l'univers entier Subit en tremblant vo'tre empire , Esclave qu'on va châtier!

Tandis que la sombre tempête Gronde et rugit autour de moi , Rempli d'une vigueur secrète Je marche appuyé sur la foi.

Pourquoi , Seigneur, lorsque tout plie De l' herbe au chêne foudroyé , Devant vous quand tout s'humilie , L'homme seul n'a-t-il pas ployé !

Devant ces triangles de flamme

C'est qu'il vous voit, c'est qu'il vous sent.

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