‹ Poésies (volume 2)Chapitre 161 sur 208 · LA DERNIERE PAGE · texte numérisé non relu

LA DERNIERE PAGE

Vers! songes de passé, de présent, d'avenir, Tantôt tristes , cédant au poids du souvenir,

Tantôt gais enfants de mes veilles, Joyeux comme captifs qui laissent la prison; Tantôt rêveurs , cherchant un lointain horizon

Que l'amour peuple de merveilles !

Vous voilà réunis ! et moi , sur le passé Comme le laboureur sur le sillon tracé,

Je jette un coup d'oeil en arrière; Et je vous vois tout prêts à prendre votre essor ! L'obscurité vous sied , votre aile est faible encor :

Pourquoi tentez- vous la carrière?

Et je vous vois tout prêts ; ainsi que dans nos bois Une troupe d'oiseaux , pour la première fois ,

Essayant sa plume encor molle , Tout ensemble s'avance au bord du même nid , S'appelle de la voix, s'encourage, s'unit;

Et puis tout ensemble s'envole...

Cherchez des cœurs amis; je vous suivrai des yeux , Mais ne vous fiez pas à la splendeur des deux ,

0 chère et débile couvée !

Ne chantez pas trop haut, n'allez pas trop avant; N'exposez pas votre aile à te fureur du vent

Que voua n'avez pas éprouvée.

Livrez-vous aux amis qui vous tendent les bras;

Mais craignez les flatteurs , et ne mendiez pas

Des oreilles pour vous entendre.

Si vous le mérites on viendra jusqu'à voué : Le cœur a des parfums aurai subtils que don** Qui s'exhalent sans ae répandre.

Et dans un vase d'argile Tient ses parfums réunis , Si le vase où tout repose Se brise aux mains des Houris , La douce odeur de la rose Embaume encor ses débris.

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