‹ Poésies (volume 2)Chapitre 164 sur 208 · A MON CHER BEAU-PÈRE J. M. H. BOISSEL · texte numérisé non relu

A MON CHER BEAU-PÈRE J. M. H. BOISSEL

Ne le détruisez pas l'arbre mort du verger, Parla mousse envahi, dévoré par l'insecte. Le feuillage au printemps ne vient plus l'ombrager ; 11 est mort ; que pourtant la hache le respecte.

C'est un vieux serviteur. La pomme aux sucs de miel A bien longtemps rougi sur ses branches pliantes; Dépouillé maintenant, il dresse vers le ciel Ses rameaux nus pareils à des mains suppliantes.

Il est mort. Mais debout. Laissez- le tomber seul. Qu'importe un jour de plus 1 J'aime les mousses blanches, Le lierre serpentant qui lui forme un linceul , Et la vigne qui monte à l'assaut de ses branches.

Lentement il se tisse un verdoyant manteau Des arbustes grimpants qu'il emprunte à nos haies , Le sauvage églantier, la ronce , le sureau , Tantôt couverts de fleurs , tantôt chargés de baies.

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