LA RUINE
Ils sont morts; la race est éteinte; Le manoir aux massives tours Est démantelé pour toujours; Les corbeaux y volent sans crainte.
Sur le sommet du pic maudit Se dresse la sombre ruine ; Et lorsque le soleil décline , Noir géant , son ombre grandit.
Pendant la nuit de blanches ombres Descendent d'un nuage en pleurs Pour cueillir l'asphodèle en fleurs Qui pousse entre les créneaux sombres,
Et de ces humides trésors Couronnant leurs têtes d'opales, Elles dansent aux clartés pâles De la lune amante des morts.