A MADEMOISELLE GABRIELLE P
Vous avez, Gabrielle, une douce parole; Vous avez un souris qui charme et qui console ; Votre visage exprime une aimable langueur; Vous êtes tout ensemble et souriante et grave ; Pareille à l'humble fleur dont l'odeur est suave , Vous avez la bonté ; c'est le parfum du cœur.
Vous aimez cette enfant si charmante et si chère
Que j'appelle comme ma mère ,
Que j'adore comme une sœur.
Oh! l'amitié sur terre est un divin dictame! Les maux soufferts à deux sont moins cruels à l'âme , Et les biens partagés en ont plus de douceur.
Puissiez -vous, toutes deux, marcher, toujours sereines, Par des sentiers fleuris , sur de molles arènes ! Que dans l'ombre et la paix vos jours soient abrités! Puissiez -vous ne jamais éclabousser nos fanges Sur vos pieds délicats et sur vos robes d'anges ! Que Dieu soit avec vous; car vous le méritez.
Longefont, novembre 1857.