HYMNE A LA VIERGE
Il est midi ; la brise est douce et pure, Le champ verdit , le bois est parfumé, Le ciel rayonne, et toute la nature Sourit en paix au plus beau jour de mai ;
La rapide hirondelle,
Vers son nid familier
Volant à tire-d'aile, Revient porter bonheur au toit hospitalier.
Entendez-vous? là-bas, dans les vallées, Dans ces clochers qui montent vers les cieux , L'Angélus tinte, et ses lentes volées Donnent une âme à ce monde joyeux.
Votre mois , ô Marie,
Brille d'atours naissants ;
Le monde entier vous prie :
Mère du Dieu sauveur, écoutez ses accenlsl
La fleur qui oait se dresse sur sa tige ; Elle ouvre au jour son calice de miel. Frêle encensoir, vers vous elle dirige Tous les parfums que lui donna le ciel;
sEt , pareille à la mère
Qui meurt pour ses enfants,
Elle livre, éphémère, Dans l'espoir d'un doux fruit, ses pétales aux vents.
Le grain caché sous la glèbe entrouverte, De l'univers ressentant le réveil , Fait onduler sa chevelure verte Et vous bénit dans les feux du soleil. • La misère est profonde, Vos fils sont accablés ; Que votre amour féconde La prière en nos cœurs et le grain dans nos blés!
Le vieux faucheur, sur la tige odorante Du trèfle vert coupé dans le sillon , Pour vous prier pose sa faux vibrante, Et le berger se tait dans le vallon.
Tout le troupeau se couche
Sur le sol reverdi ,
Et le taureau farouche Appelle en mugissant le repos de midi.
Sur les coteaux la chanson des faneuses Naguère encor retentissait au loin.
L'Angélus tinte; et . d^nfî leurs mn:ns pi"usp<,