‹ Poésies (volume 2)Chapitre 21 sur 208 · HYMNE A LA VIERGE · texte numérisé non relu

HYMNE A LA VIERGE

Il est midi ; la brise est douce et pure, Le champ verdit , le bois est parfumé, Le ciel rayonne, et toute la nature Sourit en paix au plus beau jour de mai ;

La rapide hirondelle,

Vers son nid familier

Volant à tire-d'aile, Revient porter bonheur au toit hospitalier.

Entendez-vous? là-bas, dans les vallées, Dans ces clochers qui montent vers les cieux , L'Angélus tinte, et ses lentes volées Donnent une âme à ce monde joyeux.

Votre mois , ô Marie,

Brille d'atours naissants ;

Le monde entier vous prie :

Mère du Dieu sauveur, écoutez ses accenlsl

La fleur qui oait se dresse sur sa tige ; Elle ouvre au jour son calice de miel. Frêle encensoir, vers vous elle dirige Tous les parfums que lui donna le ciel;

sEt , pareille à la mère

Qui meurt pour ses enfants,

Elle livre, éphémère, Dans l'espoir d'un doux fruit, ses pétales aux vents.

Le grain caché sous la glèbe entrouverte, De l'univers ressentant le réveil , Fait onduler sa chevelure verte Et vous bénit dans les feux du soleil. • La misère est profonde, Vos fils sont accablés ; Que votre amour féconde La prière en nos cœurs et le grain dans nos blés!

Le vieux faucheur, sur la tige odorante Du trèfle vert coupé dans le sillon , Pour vous prier pose sa faux vibrante, Et le berger se tait dans le vallon.

Tout le troupeau se couche

Sur le sol reverdi ,

Et le taureau farouche Appelle en mugissant le repos de midi.

Sur les coteaux la chanson des faneuses Naguère encor retentissait au loin.

L'Angélus tinte; et . d^nfî leurs mn:ns pi"usp<,

Page 1