A LA NORMANDIE
Car l'automne revient, d'une moisson vermeille, Couronner tes champs et tes prés ;
Car le fécond octobre enrichit ta corbeille Des fruits que juillet a dorés.
0 vallons verdoyants où serpente la Seine ,
Frais coteaux , fertiles guérets !
Puissé-je, ô mon pays! fuir la tempête humaine
Dans tes champs et dans tes forêts !
Près du fleuve limpide assis avec ivresse,
Comme autrefois puissé-je voir Chaque étoile du ciel de ma belle jeunesse
Se refléter dans son miroir !
Rêvant comme autrefois au coin d'un bois sauvage,
Heureux de mon bonheur passé , Puissé-je des beaux jours de mon pèlerinage
Revoir le chemin effacé !
Et là , sous tes pommiers , aux rameaux blancs et roses,
Sur tes gazons verts que j'aimai , Rendre mon âme à Dieu , comme tes fleurs écloses ,
Qu'emportent les zéphyrs de mai !