‹ Poésies (volume 2)Chapitre 27 sur 208 · A LA NORMANDIE · texte numérisé non relu

A LA NORMANDIE

Car l'automne revient, d'une moisson vermeille, Couronner tes champs et tes prés ;

Car le fécond octobre enrichit ta corbeille Des fruits que juillet a dorés.

0 vallons verdoyants où serpente la Seine ,

Frais coteaux , fertiles guérets !

Puissé-je, ô mon pays! fuir la tempête humaine

Dans tes champs et dans tes forêts !

Près du fleuve limpide assis avec ivresse,

Comme autrefois puissé-je voir Chaque étoile du ciel de ma belle jeunesse

Se refléter dans son miroir !

Rêvant comme autrefois au coin d'un bois sauvage,

Heureux de mon bonheur passé , Puissé-je des beaux jours de mon pèlerinage

Revoir le chemin effacé !

Et là , sous tes pommiers , aux rameaux blancs et roses,

Sur tes gazons verts que j'aimai , Rendre mon âme à Dieu , comme tes fleurs écloses ,

Qu'emportent les zéphyrs de mai !

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