SANS ESPOIR
Sans espoir, de pleurs mouillée , Une mère agenouillée > Posait, la première fois , Sur une tombe nouvelle , Sa couronne d'immortelle Au pied d'une simple croix.
Comme un voile de mystère, Le brouillard couvrait la terre, La nuit tombait du coteau ; Et la brise monotone Roulait la feuille d'automne Sur la pierre 'du tombeau.
Ployant sous sa peine amère , Elle pleurait, pauvre mère, Car son enfant était là...
Une forme vague et sombre Lentement passa dans l'ombre , Une douce voix parla :
« Ôh ! merci de la couronne Que ta tendresse me donne , Comme un gage de douleurs ; Couronne où ta main enlace Ce qui dure et ce qui passe , Les immortelles, les fleurs.
« Hélas ! ainsi vont les choses , J'ai vécu comme les roses, Je suis la fleur de deux jours.
Mais pourquoi verser des larmes !
Ton enfant n'a plus d'alarmes ; Son cœur est à toi toujours.
« Mère ! il faut que je te dise, Si parfois tu sens la brise Te caresser en passant , C'est moi qui , toujours fidèle, Viens t'effleurer avec elle :
C'est l'âme de ton enfant.
« Quand la nuit étend ses voiles , Je mêlé aux blanches étoiles Mon âme , leur jeune sœur ; Et sur toi j'aime à répandre Un rayon suave et tendre Comme un souvenir du cœur.
« J'entretiens la rêverie Qui dans ton âme 'meurtrie ,