‹ Poésies (volume 2)Chapitre 49 sur 208 · FRERE ET SŒUR · texte numérisé non relu

FRERE ET SŒUR

Là-haut, dans les cieux limpides, Ensemble voyez errer Ces deux colombes rapides , Que rien ne peut séparer.

Dans l'azur que l'aube enflamme Elles montent, blanches sœurs; Elles n'ont qu'une seule âme, Une seule âme en deux cœurs.

Vers un unique rivage Tend leur essor hasardeux ; Quand vient à gronder l'orage , Elles tremblent toutes deux.

Pour toutes deux la fortune N'a qu'un seul destin écrit; Que la foudre frappe l'une , L'autre avec elle périt.

Toutes deux elles partagent Le grain des petits oiseaux , Et toutes deux se dégagent Des pièges et des réseaux.

L'une au col de l'autre essuie, Avec mille soins charmants, Les froides gouttes de pluie Qui roulent en diamants.

Le même accord harmonise Leur hymne de chaque instant, Hymne de l'homme incomprise , Mais que le Seigneur entend.

Et leur existence entière , Sortant du monde réel , Plane, comme une prière, Entre la terre et le ciel.

Frère et sœur qui, l'un sans l'autre , Ne pouvez vivre un seul jour, Ce doux emblème est le vôtre, Ce doux emblème d'amour»

Ainsi , dans vos âmes d'ange , Maux ou biens de l'amitié Se fondent en un échange Où chacun a sa moitié.

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