TRADUIT DE W. COWPER
L'orage , ce matin , avait tout noyé d'eau La rose dont Anna fit présent à Marie , Et la fleur succombant sous l'humide fardeau , Penchait sa belle tête inondée et meurtrie.
Voyant son urne pleine et ses feuilles en pleurs , Je songeais, moi rêveur, qu'elle pleurait peut-être Les boutons qu'elle avait laissés, non sans douleurs, Sur le buisson joyeux où le ciel Ja fit naftre.
Alors je la saisis; car elle n'était pas Un bouquet agréable, ainsi morne et tachée; L'agitant rudement , trop rudement, hélas! Je l'effeuille , et soudain la terre en est jonchée.
Tel est pourtant le rôle insensible et moqueur Que souvent nous jouons près d'une âme souffrante^
Sans crainte de heurter et de briser un cœur Que domine déjà la douleur dévorante.
Cette élégante rose , agitée un peu moins , Sous les yeux de Marie aurait encor pu luire ; Et les pleurs, essuyés avec de tendres soins, Peuvent être suivis quelquefois d'un sourire.