‹ Poésies (volume 2)Chapitre 48 sur 208 · TRADUIT DE W. COWPER · texte numérisé non relu

TRADUIT DE W. COWPER

L'orage , ce matin , avait tout noyé d'eau La rose dont Anna fit présent à Marie , Et la fleur succombant sous l'humide fardeau , Penchait sa belle tête inondée et meurtrie.

Voyant son urne pleine et ses feuilles en pleurs , Je songeais, moi rêveur, qu'elle pleurait peut-être Les boutons qu'elle avait laissés, non sans douleurs, Sur le buisson joyeux où le ciel Ja fit naftre.

Alors je la saisis; car elle n'était pas Un bouquet agréable, ainsi morne et tachée; L'agitant rudement , trop rudement, hélas! Je l'effeuille , et soudain la terre en est jonchée.

Tel est pourtant le rôle insensible et moqueur Que souvent nous jouons près d'une âme souffrante^

Sans crainte de heurter et de briser un cœur Que domine déjà la douleur dévorante.

Cette élégante rose , agitée un peu moins , Sous les yeux de Marie aurait encor pu luire ; Et les pleurs, essuyés avec de tendres soins, Peuvent être suivis quelquefois d'un sourire.

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