‹ Poésies (volume 2)Chapitre 5 sur 208 · L'ORAISON DOMINICALE · texte numérisé non relu

L'ORAISON DOMINICALE

Vous êtes le seul grand! l'éclair est dans vos yeux,

Et vous parlez avec la foudre; Comme le voyageur qui fait voler la poudre , Vous pourriez, balayer d'un geste insoucieux. Les mondes confondus dans un seul ana thème :

Que votre volonté suprême Soit faite sur la terre ainsi que dans les deux.

Car vous tenez sur nous une coupe inclinée,

D'où les orages en fureur Pourraient verser sans fin le désastre et l'horreur. Mais la terre par vous n'est pas abandonnée, C'est vous qui gouvernez l'aile de l'aquilon,

Vous qui fécondez le sillon...

Donnez-nous aujourd'hui le pain de la journée.

Et l'homme , atome vain que toujours caressa

Votre tendre sollicitude , Flétrit tout par sa haine et son ingratitude ! Adoucissez le coeur qu'un autre cœur froissa , Vous, le Dieu bon, le Dieu de toutes les clémences,

Et pardonnez-nous nos offenses Comme nous pardonnons à qui nous offensa.

L'existence est en butte à des pièges infâmes.

Ainsi qu'un ravisseur de nuit, Le démon tentateur nous épie et nous suit'; Est-il sur terre un bien à l'abri de ses flammes ? Est-il un bras si fort qu'il n'ait su le courber?

Ne nous laissez pas succomber A la tentation qui menace nos âmes /

Veillez sur nous ! la vie est un chemin fatal

Qui mène vers un but sublime, Mais qui serpente, au flanc des monts, sur un abîme, D'où semblable au vertige un esprit infernal Éblouit et surprend le passant misérable.

Seigneur, soyez-nous secourable !

Seigneur, exaucez-nous ! Délivrez-nous du mal !

4men ! gloire à vous seul , au ciel et sur la terre !

Ainsi les temps suivront les temps ; Ainsi , de cieux en cieux , les astres éclatants Chanteront, dans leur cours, l'hymne sacramentairè , Jusqu'à l'heure terrible où , jugeant les humains ,

Vous replongerez de vos mains Les mondes eu débris dans l'éternel mystère.

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