COURONNEE PAR L ACADEMIE DES JEUX FLORAUX
Rameau vert , qu'à l'église une sainte parole
Vient de bénir, De la joie ou des pleurs m'offres-tu le symbole
Dans l'avenir?
Es-tu fils du rameau que la colombe en marche,
Par un beau soir, Rapporta comme emblème aux habitants de l'Arche,
Rameau d'espoir ?
Ou , viens-tu de ce buis qui penche au cimetière
Son front en deuil y Et de nos morts aimés ombrage la poussière
Dans le cercueil?
Mais non! à ton aspect c'est l'espoir qui doit naître,
Et non l'effroi :
Aujourd'hui dans Sion Jésus, le divin maître,
Rentrait en Roi ;
Le feuillage et les fleurs jonchaient sa trace aimée ,
Et chaque Hébreu Étendait son manteau sur la route embaumée,
Aux pieds du Dieu.
Rameau bénit au nom du saint Fils de Marie ,
En qui j'ai foi , Rappelle-moi le jour de la Pâque-fleurie,
Sacré pour moi ;
Qu'une tendre pensée à tes feuilles s'attache
Dans mon esprit; Couronne le vieux cadre où la Vierge sans tache
Prie et sourit.
Protège mon sommeil , donne-moi d'heureux songes,
Jusqu'aux instants Où, pour moi, de quitter la terre et ses mensonges
Viendra le temps.
Alors dans l'eau bénite on trempera ta feuille ,
Et chaque ami, Rêveur, aspergera la terre , qui recueille
L'homme endormi.
Si mon départ suprême éveille quelque plainte , Quelques douleurs,