‹ Poésies (volume 2)Chapitre 6 sur 208 · COURONNEE PAR L ACADEMIE DES JEUX FLORAUX · texte numérisé non relu

COURONNEE PAR L ACADEMIE DES JEUX FLORAUX

Rameau vert , qu'à l'église une sainte parole

Vient de bénir, De la joie ou des pleurs m'offres-tu le symbole

Dans l'avenir?

Es-tu fils du rameau que la colombe en marche,

Par un beau soir, Rapporta comme emblème aux habitants de l'Arche,

Rameau d'espoir ?

Ou , viens-tu de ce buis qui penche au cimetière

Son front en deuil y Et de nos morts aimés ombrage la poussière

Dans le cercueil?

Mais non! à ton aspect c'est l'espoir qui doit naître,

Et non l'effroi :

Aujourd'hui dans Sion Jésus, le divin maître,

Rentrait en Roi ;

Le feuillage et les fleurs jonchaient sa trace aimée ,

Et chaque Hébreu Étendait son manteau sur la route embaumée,

Aux pieds du Dieu.

Rameau bénit au nom du saint Fils de Marie ,

En qui j'ai foi , Rappelle-moi le jour de la Pâque-fleurie,

Sacré pour moi ;

Qu'une tendre pensée à tes feuilles s'attache

Dans mon esprit; Couronne le vieux cadre où la Vierge sans tache

Prie et sourit.

Protège mon sommeil , donne-moi d'heureux songes,

Jusqu'aux instants Où, pour moi, de quitter la terre et ses mensonges

Viendra le temps.

Alors dans l'eau bénite on trempera ta feuille ,

Et chaque ami, Rêveur, aspergera la terre , qui recueille

L'homme endormi.

Si mon départ suprême éveille quelque plainte , Quelques douleurs,

Page 1