LOIN DU MONDE
Me voilà I me voilà 1 pourquoi doue tarderais-je
A revenir?
Dieul seul , dont aujourd'hui la bonté nous protège ,
Voit l'avenir.
Ce que le sort voilé dans ses mains nous apporte ,
Lui seul Ta mis; Lui seul sait si les* jours qui heurtent à la porte
Nous sont amis.
Puisque le temps présent est doux , laissons-nous vivre
En nous aimant ; Savourons à loisir la coupe où nous enivre
Le Dieu clément.
Puis espérons en lui , qui nous a fait la vie
Tant à souhait , Que tel , dont le bonheur semble un objet d'envie ,
Nous l'envîrait.
Réservez-moi , Seigneur , un sort toujours le même ,
' Je ne veux rien.
Un petit coin à l'ombre , une épouse que j'aime ,
Voilà mon bien.
Daignez donc protéger ma retraite isolée ;
Faites mes jours Semblables au ruisseau qui suit , dans la vallée ,
Son faible cours.
Jamais hors de son lit il ne porte son onde ,
Avec fureur ; Jamais il n'envahit la prairie et n'inonde
Le laboureur.
Il va , parmi les fleurs , sans que son frais murmure
Soit entendu ; On ne voit même pas, sous l'épaisse verdure,
Sou flot perdu.
On cherche en vain pourquoi les herbes sont plus vertes
Au bout du pré, Et pourquoi son tapis de plus de fleurs ouvertes
Est diapré.
Car le ruisseau caché , qui gazouille insensible
Dans ce beau lieu, Inconnu du vulgaire, est seulement visible
A l'œil de Dieu.
Août 1850.
5. Et maintenant la prière que je vous fais... Suivant ce qui nous a été ordonné dès le commencement, c'est que nous nous aimions les nns les autres.
6. Or, le propre de la charité est de nous faire marcher dans la voie des commandements de Dieu.
Saint Jean, Ép. n.
O douce charité , comble-nous de tes grâces !
0 providence d'ici-bas ,
Est-il un mal que tu n'effaces ?
Les méchants * s'il en est, sont ceux qui n'aiment pas.
Gh. Nodier.