‹ Poésies (volume 2)Chapitre 57 sur 208 · MADAME VICTOIRE R · texte numérisé non relu

MADAME VICTOIRE R

Non ! la charité que j'admire ,

Ce n'est pas l'orgueilleux sourire

Du publicain ivre de soi ,

Qui donne en criant à la foule :

« Voyez! l'or de mes mains découle ;

Je suis généreux Comme un roi! »

Ce ne sont pas ces fils du monde , Pour qui nul orage ne gronde, Pour qui nuls malheurs ne sont faits , Qui font Paumône par caprice , Et qui n'ont d'aucun sacrifice Payé leurs fastueux bienfaits.

Le monde est leur unique oracle , Leur charité n'est que spectacle.

En vérité je vous le dis , Us ont reçu leur récompense , Et leur bienfait, vaine semence, Tombe sur des rochers maudits.

Ceux qui méritaient des temples , Ceux dont les sublimes exemples Devraient fructifier en nous , Nobles cœurs que toutes les races Devraient suivre en baisant leurs traces , Et ne nommer qu'à deux genoux.

C'est le bienfaiteur qui se cache, Le Samaritain qui s'arrache Son dernier vêtement de lin , La veuve qui porte , débile , Les deniers du saint Évangile Dans le trésor de l'orphelin ;

C'est cette âme mystérieuse , Chère à la pauvreté pieuse ; De qui Dieu seul dirait le nom ; Qui , dans sou dévoûment sublime , Rougit, comme d'autres d'un crime, De sa généreuse action ;

C'est celle qui travaille et veille , Qui sur l'épargne de la veille

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