‹ Poésies (volume 2)Chapitre 83 sur 208 · SOYEZ MA SOEUR · texte numérisé non relu

SOYEZ MA SOEUR

Je l'aime de l'amour dévoué qu'on ressent Pour son enfant ou pour sa mère ;

Et l'apparition que je vais caressant

N'est plus peut-être une chimère.

Cette sœur tant cherchée, Amélie, est-ce vous?

Vivant près de vous je m'enivre De je ne sais quel charme inexprimable et doux ,

Et je me sens heureux de vivre.

Vous faites toujours bien. Vos moindres mouvements

Ont une grâce qui me touche ; Les mots tristes ou gais, me semblent plus charmants

S'ils ont passé par votre bouche.

Le chant que vous aimez emprunte à votre voix Un attrait que n'ont pas les autres,

Et le clavier d'ivoire a , sous les autres doigts , Un son moins pur que sous les vôtres.

Mais ce que j'aime en vous , ce n'est pas la beauté

De ce visage qu'on adore; Car je vois à travers resplendir la clarté

De votre âme plus belle encore.

D'une longue paupière aux cils de velours noir,

Votre prunelle est enchâssée ; Qu'importe ! Je ne cherche en ce vivant miroir

Qu'un reflet de votre pensée

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Votre lèvre s'entr'ouvre et fait briller vos dents ,

Ces perles de vôtre sourire...

Moi , je prête l'oreille à ces roots abondants

Où votre cœur parle et respiré.

Oh ! vous pourrez vieillir ! Pour les indifférente , Vous pourrez n'être plus la même ;

Les jours p'engloutiront , dans leurs flots dévorants, Aucun débris de ce que j'aime.

Car je l'aurai connu ce nom charmant de sœur ;

Car une voix suave et chère , D'un accent féminin , parlant avec douceur,

M'aura donné le nom de frère.

LES

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