‹ Poésies (volume 2)Chapitre 84 sur 208 · COMPOSÉE SUR UNE MÉLODIE ARABE · texte numérisé non relu

COMPOSÉE SUR UNE MÉLODIE ARABE

Dès que la saison verte

Vient nous ombrager, Sous la feuille entr'ouverte

Au bois, au verger, Le zéphyr de l'aurore , En soufflant, fait éclore , Habitant incolore ,

Un sylphe léger.

Toute feuille flexible

Que l'on voit frémir, Cache un sylphe invisible

Prompt à s'y blottir.

Feuille et sylphe tout tremble ; Même sort les rassemble ,

Ils devront vivre ensemble , Ensemble mourir.

Lorsque le vent, leur père ,

Frémit dans les bois , Au fond de leur repaire

Émus à la fois, Les sylphes du feuillage , Agitant leur ombrage , Mêlent un frais langage A sa grande voix.

Si , le matin , s'exhale Des bois un doux bruit ,

C'est leur voix idéale Qui vient et s'enfuit.

Quand le jour va se clore ;

Dans la forêt sonore ,

Ils soupirent encore L'hymne de la nuit.

Quand seul dans l'ombre obscure

Chante un rossignol , Si quelque frais murmure

A rasé le sol , Si le tremble palpite , C'est qu'un lutin s'agite Sous la feuille petite , Son vert parasol.

Quand l'aile de l'orage

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