COMPOSÉE SUR UNE MÉLODIE ARABE
Dès que la saison verte
Vient nous ombrager, Sous la feuille entr'ouverte
Au bois, au verger, Le zéphyr de l'aurore , En soufflant, fait éclore , Habitant incolore ,
Un sylphe léger.
Toute feuille flexible
Que l'on voit frémir, Cache un sylphe invisible
Prompt à s'y blottir.
Feuille et sylphe tout tremble ; Même sort les rassemble ,
Ils devront vivre ensemble , Ensemble mourir.
Lorsque le vent, leur père ,
Frémit dans les bois , Au fond de leur repaire
Émus à la fois, Les sylphes du feuillage , Agitant leur ombrage , Mêlent un frais langage A sa grande voix.
Si , le matin , s'exhale Des bois un doux bruit ,
C'est leur voix idéale Qui vient et s'enfuit.
Quand le jour va se clore ;
Dans la forêt sonore ,
Ils soupirent encore L'hymne de la nuit.
Quand seul dans l'ombre obscure
Chante un rossignol , Si quelque frais murmure
A rasé le sol , Si le tremble palpite , C'est qu'un lutin s'agite Sous la feuille petite , Son vert parasol.
Quand l'aile de l'orage