LES SYLPHES DES FEUILLES. Î
Assombrit les champs, La stupeur décourage
Leur joie et leurs chants; Puis la tempête gronde , Et Ton entend , sous Tonde , Dans la forêt profonde ,
Leurs soupirs touchants.
L'été fuit infidèle;
La feuille jaunit; Chaque sylphe ainsi qu'elle
Tremble et se ternit.
Il n'a pour chant d'automne Qu'un soupir monotone; Le bois perd sa couronne....
Tout meurt ! tout finit !
Le pâtre solitaire,
Sous son pied vibrant , Fait résonner à terre
Le feuillage errant.
Chaque plainte que pousse La feuille sur la mousse , Est la voix faible et douce
D'un sylphe expirant.
Un effort de la bise
Parfois en passant , Réveille et galvanise
Leurs amas gisant.
* Et, dans sa feuille blonde, Au vent qui le seconde, Chaque sylphe à la ronde Tournoie en dansant.
Mais le joyeux cortège Retombe tremblant.
Seul bientôt sur la neige L'autan va sifflant...*.
Dans vos feuilles roulées, Doux sylphes des vallées , Dormez, troupes voiléeô, Sous un linceul blanc !
LES