‹ Poésies (volume 2)Chapitre 85 sur 208 · LES SYLPHES DES FEUILLES. Î · texte numérisé non relu

LES SYLPHES DES FEUILLES. Î

Assombrit les champs, La stupeur décourage

Leur joie et leurs chants; Puis la tempête gronde , Et Ton entend , sous Tonde , Dans la forêt profonde ,

Leurs soupirs touchants.

L'été fuit infidèle;

La feuille jaunit; Chaque sylphe ainsi qu'elle

Tremble et se ternit.

Il n'a pour chant d'automne Qu'un soupir monotone; Le bois perd sa couronne....

Tout meurt ! tout finit !

Le pâtre solitaire,

Sous son pied vibrant , Fait résonner à terre

Le feuillage errant.

Chaque plainte que pousse La feuille sur la mousse , Est la voix faible et douce

D'un sylphe expirant.

Un effort de la bise

Parfois en passant , Réveille et galvanise

Leurs amas gisant.

* Et, dans sa feuille blonde, Au vent qui le seconde, Chaque sylphe à la ronde Tournoie en dansant.

Mais le joyeux cortège Retombe tremblant.

Seul bientôt sur la neige L'autan va sifflant...*.

Dans vos feuilles roulées, Doux sylphes des vallées , Dormez, troupes voiléeô, Sous un linceul blanc !

LES

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