ET L'OMBRE DE LAURE
Pétrarque, pourquoi donc te courber sur ton livre; Pourquoi veiller si tard sous la lampe qui luit?
— Pour apprendre! Mais toi, qui me parles la nuit, Quel fut ton nom avant d'avoir cessé de vivre.''
— Je suis l'âme de Laure. — O Reine qui m'enivre, Pur esprit, dont l'amour de là-haut me conduit, Dis-moi si le savoir dont j'amasse le fruit
Rendra mon nom fameux aux siècles qui vont suivre r"
— Pétrarque, dans cent ans les enfants en sauront Plus que toi ; tes écrits tant vantés s'oublîront.
— Je serai donc vaincu par le temps qui dévore?
— Non! l'Amour, dont tes vers ont parfumé l'autel, A consacré les noms de Pétrarque et de Laure :
En m'immortalisant tu t'es fait immortel!