‹ Poésies (volume 3)Chapitre 25 sur 78 · ET L'OMBRE DE LAURE · texte numérisé non relu

ET L'OMBRE DE LAURE

Pétrarque, pourquoi donc te courber sur ton livre; Pourquoi veiller si tard sous la lampe qui luit?

— Pour apprendre! Mais toi, qui me parles la nuit, Quel fut ton nom avant d'avoir cessé de vivre.''

— Je suis l'âme de Laure. — O Reine qui m'enivre, Pur esprit, dont l'amour de là-haut me conduit, Dis-moi si le savoir dont j'amasse le fruit

Rendra mon nom fameux aux siècles qui vont suivre r"

— Pétrarque, dans cent ans les enfants en sauront Plus que toi ; tes écrits tant vantés s'oublîront.

— Je serai donc vaincu par le temps qui dévore?

— Non! l'Amour, dont tes vers ont parfumé l'autel, A consacré les noms de Pétrarque et de Laure :

En m'immortalisant tu t'es fait immortel!

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