‹ Poésies (volume 3)Chapitre 5 sur 78 · L'ÉGYPTIENNE · texte numérisé non relu

L'ÉGYPTIENNE

Pourquoi la renier, l'Egypte, ta patrie, Où le blé mûrissait deux fois sous le ciel bleu, Où chaque être vivant dissimulait un Dieu, Où tout était mystère et sainte idolâtrie ?

Ses Pharaons sont morts, sa couronne est flétrie; Mais elle a son Nil jaune et son soleil de feu. Sa tristesse sied bien à ton profil hébreu, Ses horizons sans fin vont à ta rêverie.

Tes yeux ont ce regard clair et voilé des sphinx, Qui gardent à jamais, sur leurs faces de lynx, Un masque de granit qu'aucun doigt ne soulève.

Mais je sais à quel prix Œdipe fut vainqueur. De myrte et d'olivier j'enlacerai mon glaive ; Je trancherai l'énigme et te prendrai ton cœur.

Juin i874.

SONNET Vil

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