FUMEE DE CIGARE
Balancée en son hamac blanc, Tandis que, sur la souveraine, Deux petits négrillons d'ébène Agitent l'éventail tremblant !
Puis le hamac se change en nues , Où mille formes inconnues Se mêlent, sans but et sans bruit, Où nagent de folles chimères, Métamorphoses éphémères , Fleurs fugitives de la nuit.
De cieux en cieux mon vol s'égare , Quand, soudain, la mort du cigare
Emporte mon rêve et voilà
Qu'en face de moi je vois luire L'œil d'aigle noir, le fin sourire De don Manuel Silvela.