DE MARTIN RUYS
Tu le sais bien , où vont les rêves du poète ! Tu sais quel astre me conduit!
Attentive à tes vœux , empressée, inquiète, Ma tendresse toujours te suit.
Dans mes songes, la nuit, ton image s'élève
Devant moi sous un ciel vermeil ; Je te vois apparaître et planer dans mon rêve,
Avec les anges du sommeil.
Le jour luit! je demande au Seigneur qu'il te garde,
Toi, mon bien le plus précieux. Tu parais et je sens, lorsque je te regarde,
Monter des larmes dans mes yeux.
Et pendant tout un jour en tremblant je me livre
A la volupté de te voir; Car dans un seul regard de ton œil qui m'enivre
Gît ma douleur et mon espoir.
, 3o SOM lNTAISIES
Tant que je puis te voir, il faut que je te voie.
Je suis comme ce pauvre chien Qui se couche à vos pieds, qu'on chasse, qu'on rudoie ,
Mais qui vous aime et qui revient.
Or je n'ai demandé, pour toute ma tendresse, Qu'une main qui presse ma main,
Qu'un regard par instants plus doux, qui me caresse Et me console en mon chemin.
Mais malheur à ceux-là qui n'ont que la prière,
Qui, d'un pur amour consumés, Donnent sans marchander leur âme tout entière!
Ceux-là ne sont jamais aimés!