SANS LA VOCATION
Quand tu couvrirais d'un blanc voile Ton front arrogant et moqueur; Quand tu n'aurais plus, pour étoile, Que la triste lampe du chœur;
Quand tu prîrais seule, en silence, Dans la chapelle des élus, Torturant avec violence Ton cœur, pour qu'il ne batte plus ;
Quand tu renfermerais ta vie, Pour toujours , dans ce cercle étroit Où l'heure de l'heure est suivie, Où tout est morne, austère et froid;
Crois-tu que tu vivrais tranquille, Et, le sacrifice accompli, Qu'à ton esprit enfin docile Le Seigneur donnerait l'oubli ?
l3a SONNETS ET FANTAISIE!
Non! tu ne verrais point ton âme Se tondre au feu de l'encensoir; Tu serais ce brasier sans flamme Qui fume dans l'ombre du soir.
D'une ardeur sourde consumée, Tout ce qui reste en toi de bon S'enfuirait en acre fumée, Tu deviendrais cendre et charbon.
Le Seigneur, dont tu t'es moquée, Chasserait ton cœur du saint lieu; Tu mourrais, d'ennui suffoquée, Maudissant ta vie et ton Dieu!
UINFIDELE