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Poésies

l me souvient d'un jour d'été; Maumont rayonnait sous l'ombrage Mainte amazone au fin corsage ► Trottait au bois avec gaîté.

Pour vous fêter, pour vous sourire, Le soleil brillait sur les monts, Fleurs de France! Je sais vos noms; Mais je n'ai garde de les dire.

L'une de vous près du Donjon S'est assise à l'ombre. Elle esquisse Bùsset, le hautain édifice, Qui se profile à l'horizon.

Déjà, sous cette main habile, Les créneaux menacent les cieux ; Au pied des murs audacieux S'abaisse le vallon tranquille.

Quel charme de tenir fixé Tout ce qui plaît, tout ce qui frappe; D'enchaîner le jour qui s'échappe, De ressusciter le passé!

Pour animer le paysage, Y peindrez-vous un templier, Un Chabannes, preux chevalier, Un vieux Bourbon du moyen-âge?

S'il vous faut choisir un guerrier Au cœur mâle, aux traits héroïques, A quoi bon fouiller les chroniques Au-delà de François Premier?

Cherchez, en des temps de désastres, Un Amiral, cachant son nom.

Il marche au-devant du canon, Sous une nuit froide et sans astres.

C'est quand les plus braves ont fui Qu'il laisse le champ de bataille, En arrachant à la mitraille Un blessé, qui fût mort sans lui.

En Normandie et sur la Loire, Cherchez aussi Robert Lefort, Qui seul, dans un suprême effort, Osait défier la victoire.

Il ne se montrait qu'au combat, Et ce n'était qu'à sa vaillance Qu'on devinait un fils de France Sous l'habit d'un simple soldat.

C'était le prince légendaire;

C'était le héros ignoré;

Et le chef qui l'a décoré

N'a rien su que son nom de guerre.

Donnée au soldat inconnu, Cette Croix resplendit plus belle; Avec plus d'effroi , devant elle , Fuit le Kabyle à demi nu!

Tels sont les héros qu'il faut peindre Vaillants fils de hardis aïeux !

Bientôt votre cœur soucieux N'aura plus de périls à craindre.

Songez qu'il revient du danger Plus illustre après son absence, Fier d'avoir vaincu pour la France, Et tout brûlant de la venger.

Vous pourrez, d'un front qui rayonne, Belle au milieu de vos enfants, Presser dans vos bras triomphants Celui dont l'amour vous couronne.

Puissent vos pinceaux plus jamais Ne peindre les scènes guerrières, Mais les beaux livres de prières, Les tableaux d'espoir et de paix!

Puisse votre main, dans sa joie, N'avoir qu'à nuancer des fleurs, Et qu'à parer de leurs couleurs L'éventail d'ivoire et de soie!

Tel j'en sais un au vélin pur, Orné de guirlandes nouvelles, Que portent, en battant des ailes, Deux oiseaux de pourpre et d'azur.

Les clématites enlacées

Y mêlent, dans leurs frais rinceaux,

L'anémone, le lys des eaux,

La passiflore et les pensées.

Vous avez eu soin d'y lier Le myosotis , fleur sacrée :

Quand les yeux vous ont rencontrée, Le cœur ne peut vous oublier !

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