‹ PoésiesChapitre 14 sur 64 · HYMNE A LA VIERGE · texte numérisé non relu

HYMNE A LA VIERGE

Il est midi; la brise est douce et pure, Le champ verdit, le bois est parfumé, Le ciel rayonne, et toute la nature Sourit en paix au plus beau jour de mai; La rapide hirondelle, Vers son nid familier Volant à tire-d'aile, Revier* ^orter bonheur au toit hospitalier.

Entendez-vous? là-bas, dans les vallées, Dans ces clochers qui montent vers les Cieux? L' Angélus tinte, et ses lentes volées Donnent une âme à ce monde joyeux.

Votre mois, ô Marie,

Brille d'atours naissants;

Le monde entier vous prie :

Mère du Dieu sauveur, écoutez ses accents !

La fleur qui naît se dresse sur sa tige ; Elle ouvre au jour son calice de miel.

Frêle encensoir, vers vous elle dirige Tous les parfums que lui donna le ciel;

Et, pareille à la mère

Qui meurt pour ses enfants,

Elle livre , éphémère , Dans l'espoir d'un doux fruit, ses pétales aux vents.

Le grain caché sous la glèbe entr'ouverte,

De l'univers ressentant le réveil ,

Fait onduler sa chevelure verte ,

Et vous bénit dans les feux du soleil.

La misère est profonde,

Vos fils sont accablés;

Que votre amour féconde La prière en nos cœurs et le grain dans nos blés !

Le vieux faucheur, sur la tige odorante Du trèfle vert coupé dans le sillon , Pour vous prier, pose sa faux vibrante, Et le berger se tait dans le vallon.

Tout le troupeau se couche

Sur le sol reverdi ,

Et le taureau farouche Appelle en mugissant le repos de midi.

Sur les coteaux, la chanson des faneuses Naguère encor retentissait au loin.

L 'Angélus tinte; et, dans leurs mains pieuses, Les longs râteaux n'agitent plus le foin.

Page 1