‹ PoésiesChapitre 24 sur 64 · SPERA SEMPER · texte numérisé non relu

SPERA SEMPER

Onuit! nuit radieuse et pure, N'as-tu donc plus d'espoir pour moi Mon cœur est triste, et la nature Semble répondre à mon émoi.

L'onde qui roule fugitive Semble un soupir mystérieux; La fleur se fane sur la rive; L'étoile pleure dans les cieux.

« Hélas! dit chaque humide goutte Que le fleuve entraîne en passant , Qui m'arrêtera sur la route De l'abîme où je vais glissant r »

« Hélas! dit la fleur inclinée Sur le miroir des flots dormeurs, Ai-je donc fini ma journée:

Ai-je donc vécu, moi qui meurs? »

« Hélas! dit l'étoile qui passe, A sa sœur la reine des nuits, Je voudrais luire et je m'efface, Je voudrais aimer et je fuis! »

(jf) FLEURS DE FRANCE

Et cependant, que Dieu l'ordonne!

La goutte d'eau, perle demain, Sur les fleurons d'une couronne Éblouira le genre humain.

Qu'autour de la fleur qui se fane , L'ambre coule et soit incrusté, Au sein de cet or diaphane, La fleur vivra l'éternité.

Que Dieu, de sa main qui féconde, Donne à l'astre son point d'appui; Il sera le centre d'un monde, Il aura ses astres à lui.

O vous serez la perle fine, Onde que l'eau brise en son cours!

Pâle fleur que la brise incline, Vous aussi vous vivrez toujours !

Pour votre bonheur qui se voile Luira le moment du réveil; Espérez encor, blanche étoile , Demain vous serez un soleil !

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