‹ PoésiesChapitre 29 sur 64 · A LA FIANCEE DE MON FILS · texte numérisé non relu

A LA FIANCEE DE MON FILS

L'Inde, ce vieux pays des penseurs et des sages, Croit qu'en des corps divers notre âme a palpité Qu'elle monte et grandit par la suite des âges, Et, devant toujours vivre, a toujours existé.

Il serait doux de croire à la Métempsycose, Et ce rêve enchanté quelquefois m'a souri. Dans les temps primitifs vous étiez une rose; J'étais le vieux rocher qui vous servait d'abri.

Plus tard vous deveniez une colombe blanche. J'étais l'arbre agrafé sur les coteaux penchants. Vous posiez votre nid sur ma plus haute branche, Et mon feuillage épais s'égayait à vos chants.

Au siècle des pasteurs , vous fûtes la gazelle ,

La gazelle élégante aux pieds vifs, aux yeux doux;

Alors, j'étais le chien vigilant et fidèle

Qui vous garantissait des chacals et des loups.

Aujourd'hui même encor vous gardez quelque chose Des êtres où votre âme a jadis habité : L'œil pur de la gazelle, et le teint de la rose, Le cœur de la colombe et sa fidélité.

Et dans notre chemin quand vous êtes venue , Souriant à mon fils comme un ange gardien, Mes yeux se sont ouverts; je vous ai reconnue; J'ai du cycle rompu rattaché le lien.

Vous que j'avais perdue et que j'ai retrouvée, Vous avez agrandi mon amour paternel; Vous êtes mon enfant et ma fille rêvée; Votre âme l'a promis aux pieds de l'Éternel.

En vous voyant unie au cœur qui vous adore, Je vous bénis tous deux dans un amour pareil. Vous ferez resplendir un reflet de l'aurore Sur les rayons pâlis de mon dernier soleil.

Décembre 18/2

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