‹ PoésiesChapitre 42 sur 64 · IDYLLE · texte numérisé non relu

IDYLLE

C'est un étroit vallon, que deux coteaux en pente Resserrent; un ruisseau lentement y serpente. Sous les saules touffus, sous les grands peupliers Qui voilent de fraîcheur ses bords irréguliers, On entend du moulin la note monotone, Le taureau qui mugit, la clochette qui sonne, Le pâtre au loin qui chante en gardant ses troupeaux, Bruits légers et charmants plus doux que le repos. Les aunes inclinés, sous leur verdoyant dôme, Laissent apercevoir un pauvre toit de chaume, Toit heureux, maintenant habité par l'espoir! Mille rires joyeux y résonnent le soir; Le jour on voit flotter de bleuâtres fumées Sur le faîte, où les fleurs, par la brise animées, Se balancent au vent souriantes à l'oeil. Toit heureux!... l'an dernier plein de pleurs et de deuil!

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