‹ PoésiesChapitre 59 sur 64 · QUI PLEURAIT SON FRÈRE · texte numérisé non relu

QUI PLEURAIT SON FRÈRE

Comment trouver en moi l'accent qui te console, Quand mon cœur est si plein d'un douloureux émoi: Je sens que sur ma lèvre expire la parole; Je ne puis que gémir et pleurer avec toi.

C'est un frère adoré que ma douleur appelle; Je l'ai vu dans mes bras tomber et se flétrir; Les ans n'ont pas fermé ma blessure cruelle , Et, jusqu'au dernier jour, on me verra souffrir!

Sous un semblable deuil ton âme s'est glacée; Car c'est un frère aussi que t'enlèvent les cieux. Son image à jamais vivra dans ta pensée; Son dernier souvenir te fermera les yeux.

Le même anniversaire, à sept ans d'intervalle, Vers un monde meilleur les ravit à la fois, Et, sur leurs deux cercueils, dans la route fatale, L'automne a fait pleuvoir le feuillage des bois.

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