A LAME DE MA MERE
De ce regard, chère exilée, Rien ne survivrait-il en toi , Là-haut , où tu t'es envolée ?
Réponds! oh! réponds-moi!
De ta voix, navrante harmonie, J'entends encor le faible adieu, Dans les luttes de l'agonie Vibrer, comme un appel à Dieu.
Oh! de cette musique enfuie, Rien qu'un son ! rien qu'un mot de toi ! Si le cœur aime après la vie; J'écoute!... oh! réponds-moi!
Quand midi pèse sur la plaine , Quand le couchant luit embrasé, Quand de la nuit la douce haleine Gémit avec mon cœur brisé; A l'heure où les songes funèbres, Dans leur beauté, dans leur effroi, S'élèvent du fond des ténèbres, Chère Ame ! réponds-moi !
Par notre joie et nos alarmes,
Par nos vœux que nous unissions,
Par nos pleurs même, non sans charme
Lorsqu'ensemble nous les versions,
Si, dans une éternelle aurore,
Les âmes, où règne la foi,
Se doivent réunir encore,
Réponds! oh! réponds-moi!
Ni dans l'espace, ni sur terre, Rien n'a vibré, rien n'apparaît.
Tout est solitude et mystère...
Oh! si tu gardes ton secret, Que dois-je attendre du ciel même?
Par pitié! parle, éveille-toi, Ma mère, m'entends-tu ': — je t'aime!
Réponds-moi! Réponds-moi!...