A L AME DE MA MERE
Du haut de ces blanches étoiles, Du fond de ces mondes rêvés, Endormis sous d'éternels voiles, Que l'homme n'a point soulevés; Quelque part que soit ta demeure, Chère Ame, si tu sens l'émoi Du passé qu'ici-bas je pleure!
Ma mère! oh! réponds-moi!
Ne m'as-tu point dit, en ce monde, Que, même au delà du trépas, Ta tendresse ardente et profonde Avec toi ne périrait pas?
S'est-il flétri comme une rose, Cet amour, ma force et ma foi :
N'en reste-t-il plus quelque chose.' Ma mère ! oh ! réponds-moi !
Il m'échauffe encor de sa flamme, Le suprême éclair de ton oeil, Où j'ai vu resplendir ton âme A travers la nuit du cercueil.