‹ Poésies religieuses et politiquesChapitre 8 sur 11 · A SIR JOHN A. MACDONALD · texte numérisé non relu

A SIR JOHN A. MACDONALD

Sir John A. MäcDénald gouverne avec orgueil .-=. Les provinces de la Puissance. © Et sa mauvaise foï veut prolonger mon.deuil k Afin que son pays Tapplandisse et l'encense.

LU ‘Au lieu de. la paix qu'il me doit, - D Au lieu de respecter d'une manière exacte | Notre Pacte nu ‘Et mon droit, - Depuis bientôt dix ans, Sr John me fait la güerre. | Un'homme sans parole est un homme vulgaire, 7" Fort ou faible d'e esprit, moi, je le montre au doigt.

Il a voulu jeter dans la sombre disgrâce - Lé prélat de’ Saint Boniface, D , « -Et se voyant mal prisgil à feint la candeur, 5. - Ji s'est montré gentil pour plaire à Sa Grandeur, ® - H commissionna le Pontife Alexandré . : :

* D'apaiser les métisses justement soulevés : Le - Et de he pas maïiquer de léur laisser entendre UT 7 Qu'ils avaient; “aprés'tout, bien fait de se défendre ‘| . - Puisque. les” MacDougall et les Schültz déprèvés oi : - Étaient dûment désapprouvés ——- .

De nôus avoir causé toutes sortes d’alarmes

En prenant contre nous les armes : … Sans l'autorité FL. ZA De Sa Majesté. ‘ DE A

L Hhle comme de raison, il voülait: faire cohé CU

—. Qu'Ottawa rénôniçait à se duplicite Ÿ “Et rejettait le mäl qui ave avait miédité | -

te 38 —

Contre nous, et saurait prendre une politique À notre égard, conforme à la saine critique.

Sir John eut du bonheur, car l’envoyé sacré Agit et parla comme il avait espéré.

Qui peut dire autrement? L'évêque a bien fait Pœuvre Pour convaincre, il jura la parole d'honneur, Mais au lieu d'accomplir, Sir John fit la couleuvre, Le traître, il a fait honte au, noble ambassadeur. :

Il a laissé hürler sa province enragée;

Xl ne l'a pas guidée, il n'a su que flatter,

Et Jobn, dans ses erreurs, la même-encouragée. . Cet homme n'a jamais rien fait pour rachetef :: ‘La parole d'honneur qui se trouve engagée.

11 a trompé l'Evêque, et puis ja démenti-

. À mots couverts, avec assez de politesse ‘ Pour cacher sa scélératesse,

Et conteñter ses gens | sans nuire à son parti.”

Ha beau revêtir des: façons imposantes, 4 - Ha beau se fier sur son habileté, "1 Il rendra compte : uñ jour, au Seigneur irrité, © De. ses injustices criantés,

rS8s distouré sont fns ; “c'est Je chef du Fariement, | ‘I ést assis parmi les princes du royaume,

Mais à peine Sir John sera-t-il un atôme .

Lorsque Dipuile. fera paraître au 4 jugement.

ET

Et qui sait inème, dès ce monde, ‘ S'il ne faudra pas qu ‘| réponde ” De n'avoir été qu'un: méneur .

" Sané principes et sans honneur.

Tan que ce géant. des Comines étaie : Devant Son Alkesse Royale, LL

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Ses qualités de diplomate, Moi je me fortifie, et mon cœur/se dilate, .. 7 Dans ce que la souffrance offre lde pluf exquis.

" Joffre à Dieu de grand cœur — maux que j'endure, Afin que son esprit souffle à mes € nemis .

De n'avoir pas. Ja main trop dur.

Vis- -à-vis Mon peuple sous Le candidat battu de Kingston s’est permis ” Plus d'uné ruse en 5a carriéré,” - C'est ainsi qu'il ternit sa réputation ; 3

Un renard hors de sa tannière | Fait aussi bien des tours dignes d de mention.

Et souvent Sir John tache encor sà renommée . Auprès d'une carafe, en abusant du vin, Et quand-bien même la fumée‘ De.son cigare est. parfumée — Ce l'érapêche-til d'être un ministre vain?.. -, En dix-huit cent soixante et treize ee - ..

: Quand-Lépine fut en prison; °:: VU 7.

Qué le Manitoba se tordait de malaise: a ”. "Et qu'on me traquait sans raison Sir John offrit trente-cinq mille piastres , Si je. voulais déserter pour trois ans- Ma nation dans’ sès désastres-;1.

. Et laisser mon ami Lépine, dans le temps k Que. ses maing,et ses-pieds portaient des fers sanglants.

: h ! Je me suis trouvé content de voir à terre. DS Un bon. matin, Sir John avec son ministère |

: Cependañt. ses ; projets sont beaucoup moins. étroits te - Que ceux d'Edouard Blake et ceux de MacKenzie. . ci it Si Blake’ s'est fermé: l'avenir, c'est-la fois “

Qx entrainé par la frénésie 7

"Il a voté le prix du sang, Et qu'au mépris de la justice Il a sauté de haut sur un peuple i innocent, Et maudit, dans ses chefs, la nation métisse.

MacKenzie est un homme à peu près dépensé.

Son règne de cinq ans l'a bien récompensé Des services qu'il à pu‘rendre Aux amis qu'il avait. Nous l'avons vu descendre . Du pouvoir, degré. par degré, * .

Il perdait tous les ans, sans Jianquer, des votes. Ses mesures étaient toutes. un peu manchotes, Cet homme fut chétif, ce me semble, a son ré, ‘ Personne ne l'a-dénigré. - ‘Un autre.a pris sa place, il a perdu son siège. On a pour lui le-cœur-plus froid que de la neige. C’est un chef demi-mort que j'aperçois debout. Peut-être avant longtemps fera-t-il la culbute. Il peut dans son comté faire-encore une chute. © Je respecte son.âge. Ab ! le vieux Marabout. -

Sir John À. MacDonald a du prestige, certes, "Sises amis de l'Est l'ont laissé sans appui,

. La Colombie Anglaise a réparé ses pertes,

Et l'un de ses comtés a tout voté pour lui.

Sir John se trouve encore une fois au pinacle.

* Quoiqu'il soit très habile et leste à se jucher,

On peut presque s’attendre à le voir trébucher

Bientôt. Et ce sera peut-être au moindre obstacle. 1] discourt en faveur de la Protection,

” Mais il frappe Lépine et moi d'oppression. .

.Cet homme fait dommage à'sa cause Ontarienhe -

- En y subordonnant la cause Canadienne, ” .

Et ‘pendant que Sir John tourné ses plans-en loi:

--Morje-coupeet je fends mon bois, : ;

Je nettoye humblement tous les jours.une étable. Fe Je mêris ; je médite ; et je: suis. équitable ; |

"Non bas autant qu'il faut, mais autant que je peux,

Sir John gouverne avec les loges débridées ÆD'Orange, il les soutient, moi je souhaite et veux Conduire en m'appuyant sur les bonnes idées.

Que anglais soit ce qu'il voudra

Qu'il soit religieux à sa manière anglaise.

1 faut que moi je vive autant qu’il me plaira

"Selon la bonne foi catholique et française. Fe

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S'il veut me gêner l-dessus, Je sauraï conserver dans mon âme assez forte Les principes que j'ai reçus.

Je me rirai de lui, je passerai sa porte en, En disant : - ‘ Malfaisant ” “ Que le.Diable, après tout, si tu le veux, emporte.” .

fe) Dieu Puissant ! Daignez protéger les Métis. Que défà les Anglais ont presqu fanéantis, ae . UT, ‘ Le Lac Ontario dans un jour de tempête Désempara la goëlette - De Sir John MacDonald. L’illustre Paria | - Se trouvait à la belle étoile . + Parmi les naufragés, quand Ryan le pria : | Devenir remonter sa voile S'il pouvait, à tout risque, au marais du cajeu, - . Au milieu ‘ Des grenouilles Qui chantent jour et nuit à l'ombre des quenouilles. Sir John accepta. Mais quelqu'Ave Maria L’a sans doute chassé du comté de Marquette ‘Car à peine essouflé, le grand. homme à la quête, Se rendit à l'appel d'un gueux.qui-lui cria Ets s’en fut : respirer l'air de Victoria.

Chassé des bords de PAtlantique Il peut se reposer sur ceux du Pacifique.

Eu vérité, c'est consolant.

Mais à tout prendre, c'est tout de même étrivant. Sir John n'a pas grand poids, si Kingston le garoche Sans forcer, par dessus les montagnes de roche.

Jene souhaite pas, Sir John, que votre mort

Soit pleine de tourments, mais ce que je désire C'est que vous connaissiez et souffriez le remords, Parce que vous m'avez mangé, comme un vampire.

L'horizon, tout le ciel m apparaissait vérmeil. Vous avez accablé de soucis mon jeune âge.

Æt vous êtes sur moi comme un épais nuage .

Qui dérobe à mes yeux la clarté du soleil.

J'espère voir la fin de vos pensées altières.

Vous avez fait le mal : et c'est ce qui détruit.

Vous tomberez peut-être avec le même bruit .

Qu'on entend l'Ottawa bondir dans les Chaudières. u

Vos moyens d'actions, John, ne sont pas les miens. Mes amis ont souffert de ma grande folie.

Ds s’en consoleront car elle fut jolie. ; Vous r’effacerez pas mon passé, car jy tiens: - .

Vous, vous serez comme pour le hardi DENSONGE. ne.

. C'est 4 vous que j'en veux pour ma proscription

.- . Je fais mon temps d'éxil, et je mange mon TOUge | . - Et je suis, malgré vous, chef de ma nation. î , .

Je n'abandonne pas mon plan, je létudie” Et je l'ai travaillé d’une façon Hardie. °

J'ai trouvé ce que je voulais. :

Je Vous connais à fon mnaintentnf, feuple anglais,

- en : “Le Bas-Canads n est Pas libre :

‘ : Avec vous, comme on le prétend, . - Vous soufrez quand un: nom canadien: ‘français vibre;

. Vous tâchez de l'abattre en le persécutant. "ci"

ce 43 — -

Vous avez rempli d'amertume . La grande âme de Papineau.

3 Et notré historien Garneau

Ne vous a pas encore mis assez sous sa plume, Duoiqu’ il ait buriné souvent la vérité

Sur votre compte avec beaucoup de’netteté.

Î Nous sommes, grâce. à Dieu, nés pour les idées belles Pour les actes d'honneur et ‘de beau dévouement Nous avons de l'essor pour les vertus réelles,

Mais votre faux gouvernement

Pêse sur nous sans cesse ét nous coupe les ailes. $

- | se Vous voudriez remplacer notre religion Par vos idées philanthropiques. - Vos journaux possédés avec leurs philippiques Grondent, chacun leur tour, contre la légion Des Canadiens-français d'élite, hommes et femmes, Qui travaillent pour Dieu, pour le salut des âmes.

Vous admirez nos sœurs pour haïr nos couvents,

4 | Vous détestez nos séminaires un

| Autant que nos missionnaires. .

Et moi je VOUS ai VU rire de nos savants.

Vo ser tous ceux qui, dans le sacèrdoce Éombattent vaillamment les effets du poison

Que vous donnez à grosse dose .

ES En mettant, dans chaque maison, Cette soif de l'argent et de la jouissance Qui fait tomber le corps en dégénérescence Et qui fait aussi perdre à l'esprit sa raison. fai voulu consacrer plusieurs de més journées ee À sonder, comme il faut, quelles intentions Vous avez, en faisant vos fréquentes tournées .

Aux belles institutions ‘

Du Canada français: Visiteurs à maüdire,

Vous y venez toujours pour trouver à redire.

Le plupart d'entre vous, vous vous souciez peu

D'être même polis. Vous entrez l’œil-en feu,

Vous partez.:sans laisser le moindre bon sourire, Car vous ne savez pas aimer.

+ Lorsque vous me croyez pris de folie extrême 4 + Mes oreilles-cent fois vous ont oui blâämer 7! Les établissements dela charité même.

Quand vous vous croyez seul, votre bonheur suprème Est de nous mépriser et de nous diffarnér. - ‘

Dans le Bas-Canada, la classe gouvernante

Dit généralement qu'elle est fière et contente D'obéir à l'anglais ; qu’il est pour nous, courtois Et bon de nous laïsser faire nos propres lois. :

Mais croit-on que l'anglais fera jamais outrage Aux Canadiens-français qui font bien son ouvrage, L'anglais est égoïste et plein d'ambition, I} lui faut pour agents des âmes aussi viles | Qu'habiles. :

- :.. Aussi s'applique-t-il, dans notre nation, « À gagner les plus forts d'entre les plus serviles.

"Canadiens ! L’anglais n’est ni droit ni généreux, un C’est absolument le contraire, | Vous n'avez, pour le voir, qu’à bien ouvrir les yeux. Voulez-vous bien juger de la vieille Angleterre, Menacez de lastreindre au traité. de Paris... Non pas d’une maniére infirme et libérale Mais dans l'acception très juste et littérale © 77: De chaque terme ; älors-vous verrez tout le prix Que Fanglais fait de vous ; il jetera des cris, | Il vous prodiguera les plus grañdes-injures,” - Il traînera, s'il peut, tous ses arguments faux ,"” Devant le Parlement, devant les tribunaux.

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Ses cours, contre vos chefs;: produiront des-patjures, Et quand, douze jurés, embronillés-et confus - Auront tous, sur les bancs qui leur servent d'affüts Fait entendre un verdict de haine Anglo-Saxonne,. Un Lord parlant au nom de sa propre couronne-

Et de sa fureur, écrira.

Au grand chef d'Ottawa, des. lettres toutes croches -”

Que ce méchant-ci publiera, :

: Pour vous administrer les plus sanglants reproches, - L'un et l'autre indirectement,

C’est ainsi que dernièrement :

. Carmavon de sa voix arroganté et colère | Ouragea tant Lépine. Et l’infime insulaire Emu jusqu’à lemportement | De ma présence au Parlement Essaya de s’en prendre à la bonne Province, - De crainte que je ne parvinsse Un j jour à réussir par le Bas Canada, | ' I] jui fit les-gros yeux et le reprimanda À mon sujet, de la manière ' — La plus sotté et la plus grossière.

Nos évêques avaient fait leur pétition, Carnavon n'eut pas l'air d’y faire attention, Hl télégraphia son espèce de prêche À l’hypocrite et fin gouverneur général.

” Aussitôt celui-ci du fond de Rideau Hall ” Ordonna de livrer au public sa dépêche Qui traitait le Québec d’aveugle et d'ignorant. Anglais ! Vous ignorez ce que c’est qu'êtré franc.

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Cartage na jamais” vanté sa | fo punique, : ie - Parce que ses enfants avaient encore du cœur. Mais Fanglais, d'aujourd'hui se vante sans pudeur De sa justice Britannique.

Et nous savons qu'il veut par d'infâmes leçons Et par tous les moyens nous rendre anglo-saxons.

| 46 — , +. Vos titres, votre. argent, vos emplois, vos menaces . Gatent, à mon avis, surtout les hautes classes Da peuple.

Vous aimez les principes nouveaux, “bus voudriez que déjà notre foi fut perdue,

Aussi vous parlez fort sur l'influence indue,

Et vous menez nos chefs comme des queues de veaux Dans les chambres provinciales.

Et dans les-chaämbres fédéfales \ Mais le Bas-Canada n’est pas fait pour périr, À Ses évêques sont prêts, je crois, à tout souffrir \ À

S'il le fallait, plutôt que de vous laisser faire -° Quand vous voulez les faire taire \ e

Leur charge est de prêcher à temps, à contre-temps,

Vous savez, leurs discours seuls sont très importants. ls doivent s'opposer à l'orgueil, à l'envie,

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