‹ Poésies religieuses et politiques [microforme]Chapitre 5 sur 14 · L'ARCHEVÊQUE DE SAINT BONIFACE · texte numérisé non relu

L'ARCHEVÊQUE DE SAINT BONIFACE

Alexandre Antonin Taché ! Vous avez accompli des œuvres qui m’enchantent, Du haut des Monts-Rocheux, mon front se tient penché Sous votre main. Mon cœur et mon esprit vous chantent,

Vous avez été fait prêtre chez les Oblats

À la fleur de votre âge. Et depuis, vos années Ont été pour le Dieu qui vous les a données, Evêque à vingt-huit ans, actif et jamais las, Vous avez établi des missions nombreuses, Nonobstant la misère et des peines affreuses. Vous êtes grand devant moi, parmi les prélats.

Vous avez du Sauveur annoncé les maximes Au milieu de plusieurs tribus.

Vos leçons ont fermé sous leurs pas des abimes D'erreurs et des gouffres d’abus.

Vous leur avez donné la loi surnaturelle Et tous les préceptes divins

De la religion du Christ qu‘ prend sur elle

D’effacer les péchés, et qui hait les devins.

Sous votre épiscopat, les familles Métisses

Ont fait plus de progrès en trente ou quarante ans Que des gouvernements riches, pleins d’injustices Leur en auraient fait faire en un siècle de temps.

L'éducation eut votre sollicitude.

Plusieurs qui sont instruits ne le doivent qu’à vous, Ce fut votre habitude De travailler pour tous,

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Vos travaux dont je vois briller la noble trace Sont plus profonds que ceux du Congrès dans l’'Utah. Monseigneur, vous avez parmi nous plus de grâce Que Minnéapolis dans le Minnesota.

HT Vous êtes le pivôt de la foi catholique Autour duquel, Métis canadiens et français Viennent s’amalgamer sans cesse et sans réplique Dans ce Nord-Ouest où Dieu leur donne un accès.

Les Métis canadiens français

Grandiront sous votre guidance.

Ce triple nom vivra grâce à la Providence J'en serais moins certain si je n’obéissais.

Monseigneur, la beauté de vos vues se déroule

Devant les émigrants en foule

Comme le sol du Nébraska

Votre voix est édifiante,

Votre parole sainte est plus fortifiante

Que les eaux de Kamouraska

Ne le sont à ceux qui s’y baignent Heureux Sont ceux

Qui vous aiment et qui vous craignent.

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Soixante et dix vous fait honneur, Votre autorité salutaire A fait du bien à l’Angleterre, Sa Puissance vous doit, je pense le bonheur Des œuvres qu’Elle vante à la Rivière Rouge, Mais elle m'a fait mal, aussitôt que je bouge, Je sens l'horreur des coups que son bras m'a portés, Monseigneur, je vous remercie D'avoir pris votre part de nos difficultés.

Assuré que, sans vous, une tombe noircie

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Couvrirait à jamais les cendres de mon corps, On parlerait de moi comme on fait des victimes De trente-sept, l'Eglise et mes amis intimes Reconnaîtraient, c'est vrai, mes généreux efforts, Mais je serais parmi les hommes qui sont morts.

D'ailleurs, vous le savez, j'ai compris votre rôle ; Puisqu’au moment voulu, j'ai pris votre parole.

Chaque fois que vos pieds partaient pour Ottawa, Vous me paraissiez suivre une route aussi rare Que le Mississipi, lorsque son eau sépare

Les Illinois de l’Iowa.

C’est la religion qui vous a fait prospère.

En dix-huit cent soixante et onze, le Saint Père, Que nous aimions vous fit monter Dans la Sainte hiérarchie.

En vous fortifiant aux yeux de l'anarchie Que vous travailliez à dompter.

Le Pontife régnant de la ville de Rome

Désireux d’honorer l’archiépiscopat

Vous y promût ; afin que se développât

De plus en plus votre œuvre approuvé du grand homme.

L'évêèque de St-Albert S'inclina devant vous, avec son diocèse Et la tribu Montagnaise Et les autres indiens que son clergé dessert,

Vous avez un ami fidèle

Un confrère prudent, un apôtre modèle Dans Monseigneur Vital Grandin,

Ses travaux courageux dissipent les ténèbres

Au loin : et deviendront, peut-être, plus célèbres Que les exploits de Saladin.

J'ai pu connaître un jour sa charité parfaite, Son souvenir revient souvent

Egayer mon cœur comme un souvenir de fête,

Je sens qu'il fait gaudir ma plume en écrivant.

Ils savent ce qu’ils font ceux qui l'ont mis au faîte.

#4 Le Saint Evêque d'Anemour Qui donne à Jésus-Christ, aux pauvres, son amour, Avance Et lance Ses prédications avec votre support, Aussi bien qu’il peut dans le Nord.

Sa grandeur qui vous doit le respect de sa Miître Vous est soumise avec ses pouvoirs et son titre.

Je me souviens toujours de Monseigneur Faraud, Jadis auprès de vous, il a dit quelque chose

Pour m'aider. Maintenant je peux en dire un mot, Ce mot: c’est merci; c’est le mot couleur de rose.

L’Evêque d'Ermidel, son cher coadjuteur,

Chaussé de la raquette et de sa pesanteur,

Souffle le dévouement dont son âme est saisie Dans l’Athabaska-McKenzie,

Tout droit au Pôle dont son zèle a la hauteur.

De quel pays heureux est donc originaire Ce courageux missionnaire ?

Ah ! c’est du beau pays de France; Eh bien! Salut ! Emparez-vous du Nord. Faites fondre la glace Au feu de votre cœur, infatiguable élu !

Prêchez! Faites du bien ! Qu'un Dieu Bon vous en fasse!

Archevêque Taché ! Vos grands Vicariats Apostoliques, sont d'autorité plus forte

À mes yeux de chrétien, que les Viziriats Autrefois si fameux de la Sublime Porte,

Vous pouvez bien mettre les gants Blancs de la grâce et ceux de votre Seigneurie,

Habillez-vous dans la soierie Des grandeurs de l'Eglise ! ah! vos pieds élégants Ont le droit de chausser la céleste chaussure, Puisqu’en vous infligeant mainte et mainte blessures Vous avez fait les pas du ciel... Vos suffragants Ont en soin le beau champ de votre immense course, Ils gravitent autour de votre trône aimé

Comme autour du Pôie allumé

Les étoiles de la Grande Ourse.

Les Monts-Rocheux sont des remparts Que franchit aisément le feu de vos regards.

Vos juridictions, votre archidiocèse Ne comprennent-ils pas la Colombie Anglaise ?

Mes illustres Seigneurs d’Herboniez et Durien, Angéliques acolytes Vous servent au nom de Dieu.

Ils ont le cœur plus pur que les aérolites Dont l'éclat se répand au inilieu de la nuit, Sous la voûte des cieux, sans y faire de bruit, La mer vient vénérer sur les sables sauvages Le Prélat de Marcopolis.

Et son front se prosterne, humble, sur ses rivages, Devant la crosse d’or de Militopolis.

La mer vient encenser de sa vague éloquente Votre autorité dans ses ports.

. Et de ses beaux roulies la caresse fréquente Embrasse votre sol, en chérissant ses bords.

Vous êtes revêtu de la Grâce Divine.

Le plus beau des océans Fait monter comme en colline Sa lame pour tâcher de vous voir : 1l inclime Pour vous ses flots bienséants.

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