‹ Poésies religieusesChapitre 36 sur 38 · LE CHAUME DU VENDREDI SAINT · texte numérisé non relu

LE CHAUME DU VENDREDI SAINT

La cathédrale est grise admirablement,

Tandis que le jour luit adorablement

Et que les arbres sont verts tout doucement.

Les paysans sont naïfs et de province

Pour la plupart parents, dont la toilette grince,

De parisiens dont l'orgueil n'est pas mince

De les promener autour du fameux monument Qui, néanmoins froissant l'orgueil de leur village, Semble à leurs yeux matois quelque chose qui ment Et va, comme un peu vil dans le sillage

Des bateaux mouches d'ailleurs pleins abondamment

D'une clientèle amusante en diable,

Qui file néanmoins, dévots irrémédiables,

Voir les autels déserts et les tombeaux décorés richeme

Paris, jeudi 30 mars 1893.

Le soleil fou de mars éveille encore un peu plus la verdure Des fins arbres du quai bordant la beauté pure Kt forte de la calliédrale on dirait en guipure

De pierre, on croit, immémoriale et si dure !

Les cloches de la veille ont fui (leur Ame, au moins,

S'est lue et pendent, patients témoins

Muels jusiiu'au samedi fier où, lentes sur lesioins,

Enfants, elles reviennent (ou, du moins, leur âme Planant sur les villes légères et les autres) Et penilant leur voyage de miraculeux apôtres A travers les humanités chastes et les infûmes,

Dans la nef désolée où seulement les flammes Des ténèbres sévèrement bien plus sur toutes autres, S'affligent, grands ouverts, les tabernacles, Ames Muettes, symbolisent l'attente immense des aj^otres.

Vcn.heili, 31 mars 1893.

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