‹ Poésies religieusesChapitre 4 sur 38 · AGE88B · texte numérisé non relu

AGE88B

Tu verses ton Àme, Ton luit et ta flainmo Dans quel désespoir ?

Ton sang qui s'amasse En une fleur d'or N'est pas pnMencor A la tlédicaco.

Attends quel(pie peu, Ceci n'est que jeu.

Cette frénésie T'initie au but.

D'ailleurs, le salut Viendra d'un Messie Dont tu ne sens plus Depuis bien des lieues Les effluves bleues Sous tes bras perclus, Naufragé d'un rôve Qui n'a pas de grève !

Vis en attendant L'benrc toute proche.

Ne sois pas prudent.

Trêve à tout reproche.

Fais ce que tu veux.

Une main te guide A travers le vide Affreux de tes vœux,

Un peu de courage, C'est le bon orage.

Voici le MaUieur Dans sa plénitude.

Mais à sa main rude Quelle belle fleur !

(.(. La brûlante épine ! »

Un lys est moins blanc, « Elle m'entre au flanc. »

Et l'odeur divine !

« Elle m'entre au cœur. »

Le parfum vainqueur !

« Pourtant je regrette, Pourtant je me meurs, Pourtant ces deux cœurs... »

Lève un peu la tête :

« Eh bien, c'est la Croix. »

Lève un peu ton âme De ce monde infâme.

« Est-ce que je crois '/ »

Qu'en sais-tu ? La Bête Ignore sa tête,

La Chair et le Sang Méconnaissent l'Acte.

a Mais j'ai fait un pacte Qui va m'enlaçant

A la faute noire,

Je m»' dois à mon

Tenace démon :

Je no veux point croiro.

Je n'ai pas besoin

De rùver si loin !

« Aussi bien j'écoute

Des sons d'autrefois.

Vipère des bois,

Encor sur ma route ?

Cette fois tu mords. »

Laisse cette béte.

Que fait au poète ?

Que sont des cœurs morts ?

Ah ! plutiM oublie

Ta propre folie.

Ah ! [)lutot, surtout, Douceur, patience, Mi-voix et nuance.

Et paix jus(iu'au bout !

Aussi I)on que sni^»\ Simple autant (jue bon, Soumets ta raison Au plus pauvre ad.igo, Naïf et discret, Heureux en secret !

Ah ! surtout, ternisse

Ton orgueil cruel, Implore la grâce D'être un pur Abel, Finis l'odyssée Dans le repentir D'un humble mart>T, D'une humble pensée.

Regarde au-dessus...

« Est-ce vous, Jésus?

Le ciel est, par-dessus le toit,

Si bleu, si calme !

Un arbre, par-dessus le toit

Berce sa palme.

La cloche dans le ciel qu'on voit

Doucement tinte.

Un oiseau sur l'arbre (pion voit

Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là, Simple et tranquille.

Celte paisible rumeur là Vient de la ville.

— Qu'as-tu fait, ô lui (jue voilà Pleurant sans cesse.

Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà, De ta jeunesse /

Le son du cor s'afflige vers les bois D'une douleur on veut croire orpheline Qui vient mourir au bas de la colline Parmi la bise errant en courts abois.

L'âme du loup pleure dans cette voix Qui monte avec le soleil qui décline, D'une agonie on veut croire câline Et qui ravit et qui navre à la fois.

Pour faire mieux cette plainte assoupie La neige tombe à longs traits de charpie A travers le couchant sanguinolent,

Et l'air a l'air d'être un soupir d'automne, Tant il fait doux par ce soir monotone Où se dorlote un paysage lent.

La tristesse, la langueur du corps humain M'attendrissent, me fléchissent, m'apitoient, Ah ! surtout quand des sommeils noirs le foudroient. Ouand les draps zèbrent la peau, foulent la main î

Et que mièvre dans la fièvre du demain. Tiède encor du bain de sueur qui décroît, Comme un oiseau qui grelotte sur un toit ! Et les pieds, toujours douloureux du chemin.

Et le sein, maripié d'un double coup de poing. Et la bouche, une blessure rouge encor, Et la chnir friMiiissante, frêle décor.

Et les yeux, les pauvres yeux si beaux où point

La douleur de voir encore du fini !...

Triste corps ! Combien faible et combien puni !

La bise se rue à travers Les buissons tout noirs et tout verts, Glaçant la neige éparpillée, Dans la campagne ensoleillée.

L'odeur est aigre près des bois, L'horizon chante avec des A^oix, Les coqs des clochers des villages Luisent crûment sur les nuages.

C'est délicieux de marcher A travers ce brouillard léger Qu'un vent taquin parfois retrousse. Ah ! fi de mon vieux feu qui tousse ! J'ai des fourmis plein les talons.

Debout, mon âme, vite, allons !

C'est le printemps sévère encore, Mais qui par instant s'édulcore D'un souffle tiède juste assez Pour mieux sentir les froids passés Et penser au Dieu de clémence...

Va, mon âme, à l'espoir immense !

Vous voilà, vous voilù, pauvres bonnes pensées ! L'espoir qu'il faut, regret des grâces dépensées, Douceur de cœur avec sévérité d'esprit, Et cette vigilance, et le calme prescrit, Bt toutes ! — Mais encor lentes, bien éveillées, Bien d'aplomb, mais encor timides, débrouillées A peine du lourd révc et do la tiède nuit. C'est à (lui de vous va plus gaucbe, l'une suit L'autre, et toutes ont peur du vaste clair de lune. « Telles, quand des brebis sortent d'un clos. C'est une. Puis deux, puis trois. Le reste est là, les yeux baiss«5«^ La tôtc à terre, et l'air des plus embarrassés, Faisant ce que fait leur cliof de file : il s'arrête, Elles s'arrêtent tour à tour, posant leur tète Sur son dos, simplement et sans savoir pounjuoi '. » Votre pasteur, o mos brebis, ce n'est pas nnù.

» DiUfiu, Le Purgatoire»

C'est II " meilleur, un bien meilleur, qui sait les causes, Lui qui vous tint longtemps et si longtemps là closes Mais qui vous délivra de sa main au temps vrai. Suivez-le. Sa houlette est bonne.

Et je serai, Sous sa voix toujours douce à votre ennui qui bêle. Je serai, moi, par vos chemins, son chien fidèle.

XÏI

L'rchflonnoniont des haii'S M(tiil()iinc à l'infini, mer Claire dans le brouillard clair Qui sent bon les jeunes baies.

Des arbres et des moulins Sont l(^gers sous le vert tendre Où vient s'ébattre et s'étendre L'agilité des [>oulains.

Dans ce vague d'un Diinnuclie V'oici se jouer aussi De grandes brebis aussi Douces que leur laine blamlie.

Tout h llieure déferlait f/onde, roulée en volutes, De cloches comme des flûtes Dans le ciel comme du lait.

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